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La Réserve de Tombelaine (50) Réserve de Tombelaine | | Nom : | M01 / Tombelaine | | Commune (Dpt) : | Genêts | | Date de création : | 1985 | | Propriétaire : | Collectivités territoriales | | Conservateur : | Luc Loison | | Superficie : | ? | | Milieu principal : | île | | Statut : | ZPS, ZICO, Ramsar | "Si Tombelaine m'était contée ..." Un patrimoine naturel et culturel protégé : Depuis le 17 octobre 1985, l'îlot constitue une réserve libre du Groupe Ornithologique Normand, suite à la signature d'une convention de gestion avec la municipalité de Genêts. Avant cette date, Tombelaine bénéficiait déjà de statuts de protection : - au titre des monuments historiques (3 octobre 1936) - comme réserve de chasse maritime (arrêté du 11 juillet 1974). De plus Tombelaine est classée, avec la Baie du Mont Saint Michel, comme ZPS (zone de protection spéciale), sur directive européenne, depuis janvier 1990, comme ZICO (zone d'importance communautaire pour la conservation des oiseaux) et comme site Ramsar (convention internationale visant à protéger les grandes zones humides) depuis 1995. Un monde d'oiseaux : L'îlot constitue la 3ème colonie insulaire de reproduction pour les oiseaux marins en Normandie après l'archipel de Chausey et les îles Saint Marcouf. Depuis 1985, 14 espèces y ont niché, à savoir : 1 d'ardéidé, 3 de laridés, 2 d'anatidés et 8 de passereaux. En dehors de la période de reproduction, de nombreuses espèces y sont observées soit au cours de la migration, soit en hivernage. I - les oiseaux nicheurs 1) L'ardéidé L'aigrette garzette : Arrivée depuis seulement un vingtaine d'années dans la baie, ce petit héron a niché à Tombelaine pour la première fois en 1997 avec 4 couples. En 1998, pas de nidification. En 1999, 20 couples s'y installent, 66 en 2000, 115 en 2001, 90 en 2002 et 105 en 2005 ... L'installation de cette espèce est le couronnement d'une sage gestion du milieu depuis 20 ans. Lîlot est devenu par ses effectifs la première colonie normande. La colonie est installée sur le sommet avec des nids construits dans les buissons de troënes et de fusains ainsi que les arbustes du versant nord. La ponte comprend de 3 à 6 oeufs. 2) Les laridés a) Le goéland marin : 1ère nidification connue en 1979. Longtemps compris entre 3 et 6 couples, les effectifs ont considérablement augmenté pour atteindre 17 couples en 1995, 33 en 1999, 26 en 2000 et 29 en 2005. Niche sur les promontoires rocheux de préférence. b) Le goéland brun : l'espèce connue depuis 1979 s'est longtemps maintenue dans la fourchette comprise entre 4 et 6 couples. En 1994, 14 ont été comptés, au moins 21 en 1995, 17 en 2000 et 14 en 2005. Niche de préférence dans l'herbe, sur ou sous les buissons. c) Le goéland argenté : sans conteste, c'est l'oiseau le plus commun de l'îlot. La première nidification connue remonte à 1977 et depuis sa progression a été fulgurante : 34 couples en 1979, 92 en 1983, 205 en 1985, 248 en 1988, 378 en 1990, 615 en 1994, 490 en 1995, 648 en 1998, 539 en 2000, 483 en 2005. Cette prolifération est désormais stoppée depuis la fermeture de la plupart des décharges d'ordures riveraines de la Baie qui lui procuraient une nourriture abondante toute l'année, et l'augmentation importante des goélands marins nicheurs sur l'îlot. 3) Les anatidés a) le canard colvert : 1 couple a niché sur le versant sud en 1986, 1995, 2000 et 2001. b) le tadorne de Belon : 1ère nidification connue en 1976. 15 à 20 couples y nichent chaque année jusqu'au début des années 1990. Depuis, la population diminue régulièrement, probablement à cause de la fermeture du milieu et de l'augmentation importante du goéland argenté. En 1998, un prédateur a anéanti la population nicheuse. Les effectifs actuels sont compris entre 1 et 3 couples seulement. Le tadorne niche à terre sous les buissons. La ponte comprend de 8 à 15 oeufs. 4) Les passereaux Le troglodyte, l'accenteur mouchet, le merle noir, la grive musicienne, la linotte mélodieuse nichent chaque année avec des effectifs de 1 à 7 couples. La corneille noire a niché de 1992 à 1985 et en 2004, le pigeon ramier en 1997, 2004 et 2005 et la fauvette a tête noire en 2004 et 2005. II - Les oiseaux non-nicheurs 86 espèces ont été observées au moins une fois sur l'îlot ou dans son espace aérien depuis 1985, parmi lesquelles 13 de palmipèdes, 17 d'échassiers, 9 de rapaces (7 diurnes et 2 nocturnes) et 47 de passereaux. Les plus remarquables sont : Le faucon pèlerin (hivernant régulier), le héron garde-boeuf, l'ibis sacré, le busard Saint-Martin, le balbuzard, le milan noir, le hibou des marais, la spatule, la grue cendrée, le bécasseau violet, la fauvette pitchou, la huppe fasciée, le bruant des neiges (a hiverné 2 années de suite), le bruant lapon, la mésange noire et le grand corbeau. Le grand cormoran : il utilise Tombelaine toute l'année comme dortoir la nuit et accessoirement comme reposoir à marée haute. Les effectifs varient, suivant les périodes de l'année, de 80 individus en avril-mai à 400 en août. Malgré 2 tentatives de nidification, le grand cormoran ne niche pas à cause des dérangements humains. Une vie animale non ailée I - Les mammifères 1 - le surmulot y survit malgré les campagnes de dératisation 2 - le rat musqué y est vu de temps en temps 3 - le lapin de garenne marque sa présence par de nombreuses crottes 4 - le phoque veau-marin a été observé plusieurs fois à proximité de la pointe ouest 5 - le ragondin est présent sur l'îlot depuis 1994 II - Autres animaux 1 - le lézart vert est abondant. Les observations sont courantes dès le mois d'avril 2 - plusieurs espèces de papillons y sont notées parmi lesquelles le grand machaon, le vulcain, le citron et la belle dame Un avenir à préserver : Depuis quelques années, la fréquentation touristique s'accroît en Baie du Mont Saint Michel occasionnant beaucoup de dérangements pour la faune, mais Tombelaine, grâce à la compréhension d'une grande partie des usagers de la Baie (promeneurs, pêcheurs, guides des différentes structures) jouit d'une tranquilité salutaire dont bénéficie l'avifaune. L'îlot ravagé par les rats il y a encore 15 ans est devenu un haut lieu ornithologique en Normandie. 1er août 2005 / Luc Loison
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