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Fresville, c'est où ça ? Si vous allez à Cherbourg par la nationale 13, entre Ste-Mère-Eglise et Montebourg vous pourrez remarquer sur la gauche un clocher en pierres, haut et élancé. C'est le clocher de l'église de Fresville. Cette petite commune du Cotentin, située en bordure du Val du Merderet (eh oui, ça ne s'invente pas), abrite un site tout à fait intéressant pour l'observation de l'avifaune locale. Il s'agit d'une ancienne carrière dont le trou d'exploitation est maintenant inondé, ce qui en fait un beau plan d'eau d'une dizaine d'hectares environ. Un autre plan d'eau plus petit prolonge le site vers le nord. Le terrain, précédemment privé (donc théoriquement inaccessible - voir la brochure "où voir les oiseaux en Normandie"), a été acquis il y a quelques années par la municipalité de Fresville dans le but, parait-il, d'y faire quelques aménagements de loisirs (pédalos, ...). A ce jour, seuls quelques coups de bulldozer ont permis de faciliter en partie la circulation autour du plan d'eau. L'avantage de ce changement de propriétaire, c'est que l'accès est maintenant toléré (sous la responsabilité des visiteurs), même s'il ri est pas vraiment aisé et présente des risques à certains endroits. Ce n'est pas encore la grande foule, les seules rencontres potentielles se limitant à quelques pécheurs, chercheurs de fossiles ou à quelques jeunes baigneurs en été. Ce site, déjà bien connu du GONm (j'y ai rencontré Jocelyn Desmares plusieurs fois), est assez proche de Valognes où j'habite, ce qui m'autorise à y faire des visites aussi régulières que possible (1 à 2 fois par mois environ). C'est ainsi que, depuis 2 ou 3 ans, j'ai pu y rencontrer plus de 80 espèces, ce qui confirme l'intérêt qu'il présente au plan ornithologique. Le grand plan d'eau constitue, en toutes saisons, le pôle d'attraction le plus immédiat. Au printemps, on peut y suivre la nidification du grèbe huppé (un couple régulier depuis plusieurs années), de la foulque (plusieurs couples), du petit gravelot, mais aussi du goéland marin (un des rares sites de nidification à l'intérieur des terres). Puis de l'été à la fin de l'hiver, se succèdent les arrivées et les départs des migrateurs et des hivernants, le castagneux (5 à 10), la foulque (jusqu'à 130 cet hiver) et bien sûr les anatidés. La plupart des canards de surface sont visibles, généralement en nombre réduit, par contre on peut y rencontrer de belles bandes de plongeurs, essentiellement milouins (jusqu'à 200 cet hiver) et morillons. C'est également un lieu de passage pour les limicoles, chevaliers guignette, cul-blanc et aboyeur notamment. Enfin les laridés sont toujours bien représentés, que ce soit sur le plan d'eau lui-même ou sur les prairies humides toutes proches du Val du Merderet (mouette rieuse par centaines cet hiver et toutes les espèces de goéland, cendré notamment). L'intérêt du lieu se prolonge, surtout au printemps, à la périphérie des plans d'eau ainsi que sur une zone de friche qui s'étend au bord de la voie ferrée qui longe le site du nord au sud. C'est le domaine des passereaux qui fréquentent une végétation dense et dif8cffement pénétrable d'arbres et d'arbustes, et bien sûr, le lieu idéal pour les fauvettes. Elles sont pratiquement toutes présentes. Fin avril c'est la grisette qui s'impose d'abord par son chant puissant en vol au-dessus des broussailles qui surplombent le plan d'eau (une dizaine de chanteurs notés le même jour). On y entend également les autres fauvettes des buissons, tête noire et même babillarde, ainsi que leurs cousines des marais que l'eau omniprésente attire sans doute (bouscarle, phragmite). Début mai, enfin, c'est l'arrivée des plus beaux chanteurs, fauvette des jardins, hypolaïs polyglotte et rousserolle verderolle (jusqu'à 4 chanteurs), dont le chant superbe nous évite de regretter l'absence du rossignol. En complément, on peut y voir et entendre toutes les espèces ubiquistes, ainsi que celles qui fréquentent les prés humides et les bords du Merderet (bergeronnettes, alouette des champs et pipit farlouse). Et puis il y a les surprises qui font qu'une visite de routine devient subitement un moment privilégié. Parmi les plus récentes, je citerai le passage de 2 avocettes fin juin, un épervier (miraud ?) qui évolue à quelques mètres de moi en août, et, cerise sur le gâteau, une grue cendrée en vol au-dessus de ma tête en novembre. Jocelyn Desmares m'a même confié qu'il y a rencontré une cigogne noire il y a quelque temps (les blanches, elles, nichent tout près). J'aimerais bien être là la prochaine fois qu'elle passera. Voilà un petit aperçu des opportunités que peut offrir au visiteur pas trop pressé le site de Fresville qui bénéficie encore d'une situation privilégiée due à une fréquentation limitée. Pourrrvou qué çà dourrrre ! ! ! A une prochaine fois peut-être pour un compte-rendu plus complet et plus détaillé de ce qu'on peut voir à Fresville.
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