Nousétions un peu plus nombreux à participer au sixième
Grand Comptage des Oiseaux des Jardins Normands, 276 fiches contre 262, et 378
paires d’yeux rivées sur les oiseaux contre 367. Je ne comprends toujours pas
comment on a réussi à attirer 980 personnes sur 662 sites en 2006 !
Notre hiver a été froid. Cette
année 90% des participants ont garni les mangeoires, contre 85% en 2008. On
aurait pu s’attendre à voir plus d’oiseaux, mais seulement 51 espèces
apparaissent dans les relevés, diversité la plus faible depuis le début. La
moyenne est de 60 espèces depuis le début du GCOJ.Au total, 9665 oiseaux ont été comptés.
Le nombre d’oiseaux par jardin
est en petite augmentation, avec 35,02 oiseaux par jardin contre 34,5 en 2008,
et une moyenne de 33,73 sur les 6 ans. L’hiver le plus doux de 2007 n’a donné
que 27,15 oiseaux par jardin.
Les annonces dans la presse
normande n’ont pas toujours donné le résultat souhaité, comme on peut voir dans
le e-mail suivant : « Bonjour, Environ 51 oiseaux, (entre 16h30 et
17h30) Bien à vous, x. »Ce monsieur a quand
même vu plus d’oiseaux que la moyenne, sauf s’il les a comptés en boucle.
Le moineau domestique augmente un
peu par rapport à 2008, mais reste en dessous de sa moyenne de 6,68.
L’étourneau défend sa position, mais le troglodyte s’est bien caché, avec une
baisse de 42% par rapport à 2008 et son plus bas chiffre depuis le début du
comptage. Probablement dû au froid, mais on verra en 2010. Le chardonneret
grimpe de 3 places en 2009, avec 0,63 par jardin, contre 0,25 en 2005 ; je
me demande si mes compatriotes britanniques ne sont pas en train d’influencer
la situation, en important des petites graines noires de niger, ou guizota
abyssinica, vendu en Angleterre spécifiquement pour le chardonneret. Le tarin
des aulnes était 20 e en 2008 en Normandie, comme en
Grande-Bretagne. Bien que froid, l’hiver de 2009 n’a pas vu autant ces oiseaux
peu farouches à la mangeoire, et il est en 33e place. En fait, on
remarque des alternances : 2004, moyenne de 0,16 par jardin ; 2005,
0,07 ; 2006, 0,26 ; 2007, 0,06 ; 2008, 0,264, et 2009, 0,101. Ils
n’ont pas dû trouver l’hiver aussi froid qu’en 2006 et 2008.
Naturellement, ce sont les
oiseaux qui viennent chez nous pour s’échapper du froid dans le nord qui
varient le plus d’une année à l’autre. En 2005 il n’y avait pas un seul pinson
du nord dans les listes, et un solitaire en 2007. En 2006 nous en avons compté
115, soit 0,17 par jardin, et un record 0,254 en 2009. La mésange noire est en
22e place en 2009, avec 0,232 par jardin, soit 100% de plus qu’en
2008. En 2007 il n’y avait pas une seule !Mais la pièce de résistance est bien le
grosbec casse-noyaux ; 4 oiseaux en 2004, 0 en 2005, et 73 en 2006, un
hiver froid, ce qui a donné 0,11 par jardin. Et 2009, une moyenne de 0,12, le
faisant voler de la 45e place en 2008 à la 27e ! Et
je n’en ai toujours jamais vu…..
La grive mauvis était aussi plus
nombreuse, augmentant de 80%. Tourterelle turque, pigeon ramier, pie bavarde,
corneille noire étaient tous moins nombreux, mais le geai a gagné 32%, et le
choucas 81%, aidé par une observation exceptionnelle de 100 oiseaux.
Et les
« estivants » ? les oiseaux qui dans la passé n’étaient pas
censés passer l’hiver sous nos cieux septentrionaux ? La fauvette à tête
noire monte toujours, de la 42e à la 37e position,
gardant la moyenne de 0,054 par jardin. Le pouillot véloce par contre a
souffert, chutant de la 38e à la 44e place avec seulement
4 oiseaux, la moitié de sa moyenne.
Et que
devient le moineau friquet ? Il n’y avait que 4 en 2008 contre 44 en 2005.
Malheureusement il n’y en avait pas un seul en 2009.
Côté rapaces, 7 éperviers, 4
faucons crécerelle, 3 buses et 2…. « faucons pèlerin », qui
doivent probablement s’ajouter au nombre d’éperviers, nous donnant la moyenne
normale. Pas de hibou, pas de chouette, même pas une chevêche. Dommage.
Voici les 20 espèces les plus constantes,
avec le pourcentage des jardins où elles ont été observées :
La plupart des observateurs ont donc
vu les mêmes espèces que d’habitude, même si le nombre change un peu.
Tourterelle turque, accenteur mouchet, pigeon ramier, troglodyte sont moins
présents, et la mésange à longue queue sort des Top 20 à la 21e
place. 2008 était en fait une année exceptionnelle pour ce petit oiseau, avec
une présence dans 14,56% des jardins, contre sa moyenne de 10.86% en 2009.
En revanche, la grive musicienne
a fréquenté 12% de plus de jardins, le geai des chênes 36%, la sittelle
torchepot 58%, et la mésange noire 130% ! Les chiffres donnés valent pour
toute la Normandie, mais il y a des différences en couverture et en données
selon les départements ; cette année il y a eu nettement plus de relevés
de la Seine Maritime,
grâce probablement aux mentions dans la presse. Il semble que l’augmentation pour la
sittelle vienne de cela. Bizarrement, sur 99 relevés du Calvados,pas un seul bouvreuil n’a été observé. Les
autres départements ont quand même réussi à placer cet oiseau discret en 28e
position, avec plus d’individus qu’en 2008, quand le Calvados en a fièrement
compté 8.
Un grand merci à toutes et à tous
ceux qui ont pris le temps de compter et de m’envoyer leurs données. Vous avez
oublié de compter en 2009 ? D’accord, vous êtes excusés, mais on a besoin
de vous le 30 et le 31 Janvier 2010 !
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