SM1-Cap d'Antifer (76) Convertir en PDF Version imprimable Mail
La Réserve d'Antifer (76)
 

Située sur la commune de La Poterie-Cap d'Antifer, sur le littoral de Seine-Maritime, la réserve d'Antifer est caractérisée par de grandes parois crayeuses atteignant une hauteur moyenne de 100 mètres. Les valleuses de Bruneval et du Fouquet offrent des limites géographiques visuelles à cette portion côtière longue d'environ 2,5km.
Les falaises d'Antifer sont reconnues pour être l'un des sites le plus remarquables du littoral cauchois, au regard de sa grande diversité d'oiseaux nicheurs et de ses importantes colonies d'oiseaux marins.
Le Groupe Ornithologique Normand y réalise un suivi régulier des oiseaux nicheurs depuis 1981.
Le site est concerné par de multiples protections juridiques. Il est englobé dans une réserve de chasse et de faune sauvage, inventorié en Zone Naturelle d'intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF de type I), et situé dans un site classé et un site inscrit.

Frontière entre terre et mer, ces falaises sont des milieux naturels ayant conservé un caractère sauvage très fort, accentué par leur inaccessibilité. Au printemps, c'est ici que de nombreux oiseaux s'installent pour nicher dans les innombrables anfractuosités, grottes, failles, fissures offertes par la morphologie particulière de ces falaises.
Au siècle dernier, les falaises d'Antifer étaient encore occupées par trois espèces d'alcidés : le pingouin torda, le guillemot de Troïl et le macareux moine. Au 19e et au début du 20e siècle, les destructions répétées en période de reproduction sont venues à bout de ces colonies fragiles puisque situées en bordure d'aire de répartition des espèces précitées.
Actuellement, 7 espèces d'oiseaux marins et 11 espèces d'oiseaux rupestres nicheurs ont été recensées sur la réserve.

Parmi, les oiseaux marins, le fulmar boréal, le grand cormoran, le goéland argenté et la mouette tridactyle ont les effectifs les plus remarquables. Le cormoran huppé, le goéland brun et le goéland marin sont en nombre beaucoup plus réduit.
Cousin de l'albatros, le fulmar boréal ne s'est installé que récemment sur le littoral français. Cet infatigable planeur est connu à Antifer depuis 1968. 18 sites ont été recensés en 2001.
Seule région française à avoir hébergé l'espèce en continu, depuis le début du 19ème siècle, la Normandie est le bastion français du grand cormoran (c'est pour cela qu'il est l'emblème du GONm). Ses colonies sont particulièrement vulnérables aux perturbations : ainsi la chasse, le prélèvement d'œufs et de poussins, la construction d'infrastructures portuaires…ont sans nul doute contribué à la raréfaction de l'espèce jusque dans les années 70. Sa protection et la mise en réserve de ses sites de reproduction ont efficacement relancé son accroissement démographique. À Antifer, il semble que la colonie ait atteint sa densité biologiquement optimale, puisque l'effectif nicheur tourne désormais autour de 110 nids depuis 1985.
Découverte en 1981, la colonie de mouettes tridactyles d'Antifer est aujourd'hui la deuxième colonie française (600 nids). Surnommée " Kittiwake " par nos voisins britanniques (retranscription de son cri), cette petite mouette peut installer son nid sur les corniches de moins d'un centimètre de large, en y accumulant algues et guano.


Oiseau symbole des côtes maritimes, le goéland argenté est l'oiseau nicheur le plus commun du littoral cauchois. 500 couples de maûves (c'est ainsi que les cauchois les nomment) se reproduisent à Antifer.
Semblable au précédent, le goéland brun s'en distingue par son manteau sombre et ses pattes jaunes. Cet oiseau tend à se raréfier sur nos côtes. C'est une espèce à forte valeur patrimoniale, il est protégé sur le plan européen. Deux couples nichent sur la réserve.
Le goéland marin est la troisième espèce du genre. Sa taille imposante et ses pattes couleur chair le différencient du goéland brun. L'espèce est en sensible augmentation. Antifer accueille cinq couples nicheurs de ce redoutable prédateur.
Enfin le cormoran huppé niche régulièrement à Antifer depuis 1995. Cependant les nicheurs sont très discrets. Ils ne dépassent pas encore le nombre de trois couples.

Parmi les oiseaux rupestres nicheurs, on notera tout particulièrement la présence de l'emblématique faucon pèlerin. Avant sa disparition des falaises cauchoises en 1965, la population nicheuse du faucon pèlerin en pays de Caux était l'une des plus fortes de France avec environ cinquante couples. L'interdiction d'utiliser des pesticides organochlorés (DDT), source principale du déclin de l'espèce (intoxication due à la position de l'espèce en bout de chaîne alimentaire, engendrant une perte de la fécondité par fragilisation des coquilles et malformation des embryons), a permis la sauvegarde des populations du Nord de l'Angleterre, puis leur nouvelle progression.

Ainsi, dès 1992, la fréquentation printanière du rapace le plus rapide du monde (près de 300km/h en piqué), sur le site du Cap d'Antifer laissait présager une nidification prochaine. Le printemps 1994 fut marqué du retour de l'espèce en trois sites différents du Havre au Tréport, dont un couple sur la réserve d'Antifer.
Le pigeon colombin, connu pour nicher en forêt dans les vieux arbres creux, est remarquablement abondant dans les falaises d'Antifer (17 couples). Il utilise les fissures et autres anfractuosités de la falaise pour installer son nid.
Enfin l'hirondelle de fenêtre, la bergeronnette grise, le rouge queue noir, l'étourneau sansonnet et le choucas des tours sont des passereaux nicheurs communs sur la réserve.

 
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  Dernières modifications le 02/07/2010 15:11:31
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