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Les sigles

Les ZICO (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) sont des sites ornithologiques reconnus à la suite d'une procédure scientifique.
Les ZPS (Zone de Protection Spéciale) sont des sites que les états membres de l'Union eu­ropéenne désignent et pour lesquels ils se sont engagés fortement vis-à-vis de l'UE : cet en­gagement doit aboutir à une réelle protection du site avec des résultats tangibles (en fonction de la directive 79/409 de juillet 1976 : la « directive oiseaux »).
 

Histoire

Le 2 avril 1979, l’Europe publie une directive (dite 79/409/CEE) qui entrera en vigueur le 6 avril 1981. Elle sera complétée le 6 mars 1991 par la directive 91/244/CEE. Ces directives ont pour but d’assurer la protection, la gestion et la régulation des espèces d’oiseaux vivant naturellement à l’état sauvage et à en réglementer l’exploitation. La directive s’applique aux oiseaux ainsi qu’à leurs œufs, leurs nids et leurs habitats.
Des annexes sont publiées avec des listes d’oiseaux : l’annexe 1 désigne des espèces pour lesquelles des « mesures spéciales de conservation » doivent être prises. Par ailleurs, des habitats de superficie suffisante doivent être protégés : les zones de protection spéciale, les ZPS !. Il y a donc deux volets : la protection des sites et la protection des espèces. Au début des années 1980, cinq ans après la directive, un inventaire des « 100 principaux sites ornithologiques » français est élaboré. Une proposition de sites normands arrive au GONm. Nous la corrigeons en fonction de nos connaissances de l’époque et, finalement, le GONm propose sept sites : cap Fagnet, estuaire de la Seine, marais de Carentan et baie des Veys, îles Saint-Marcouf, îles Chausey et baie du Mont-Saint-Michel.
La France désigne progressivement des ZPS : en Normandie, Chausey est la première désignée en mai 1988 ; les autres le sont en janvier 1990 : estuaire Seine, cap Fagnet, marais de Carentan et baie des Veys, îles Saint-Marcouf, baie du Mont-Saint-Michel et baie d'Orne (contrairement aux autres, ce site n'a pas été désigné à partir des données du GONm mais par la DIREN).
En 1990, après cette première vague de désignations, un nouvel inventaire scientifique est réalisé : il permet de localiser des ZICO que les états membres de l'UE s'engagent à désigner en ZPS. Le GONm propose, en fonction des critères retenus, les ZICO suivantes : baie du Mont-Saint-Michel, îles Chausey, havre de Regnéville, îles Saint-Marcouf, Marais de Carentan et baie des Veys, falaises du Bessin, littoral augeron, Hode, cap Fagnet, boucle de Poses, forêts du Perche. Les secteurs déjà en ZPS sont parfois agrandis. Il y avait hésitation pour la rade Saint-Vaast-la-Hougue, mais qui ne répondait finalement pas aux critères à l'époque. Toutes ces propositions sont retenues : la baie d'Orne est rajoutée par le ministère de l'environnement.
Il restait alors à faire désigner les ZICO nouvelles ou les extensions de ZPS en ZPS. Le processus s'amorce avec la désignation des falaises du Bessin au cours de l'été 1994. Les actions entreprises au Hode par le GONm ont conduit à la désignation d'une ZPS très agrandie dans l'estuaire et la basse vallée de la Seine à la fin de l'année 1997. La ZICO du littoral augeron est devenue, en grande partie, une ZPS au cours de l’année 2001.
 

À quoi servent ces désignations ?

Soyons clairs : à rien … tant qu’une association comme le GONm n’est pas là pour être vigilante, interpeller les autorités et, en dernier recours, porter plainte contre la France, auprès de l’Europe. C’est ce que le GONm a fait, avec succès, dans les marais de Carentan contre l’extension de la tourbière de Baupte et dans l’estuaire de la Seine contre les implantations industrielles et contre l’insuffisance de désignation. Sans nous, la désignation en ZPS n’aurait rien empêché car ni les élus, ni les autorités administratives ne sont en général suffisamment motivés par la protection du patrimoine naturel pour appliquer spontanément la directive.
Concernant les espèces, il faut admettre que bien peu a été fait par l’État, en dehors du râle des genêts et, récemment, le butor étoilé. Pourtant, plusieurs espèces de l’annexe 1 nichent en Normandie et 32 espèces, qui appartiennent aussi à cette liste, hivernent régulièrement dans notre région. Un tableau récapitulatif, paru dans le PC n° 114 présente un bilan sommaire de l’évolution du statut normand de certaines espèces nicheuses de l’annexe 1 entre 1979 et 1999 : onze avaient progressé, une déclinait et pour les trois dernières, nous manquions de données pour estimer le sens de l’évolution. Ce bilan n’était donc pas mauvais, pour les espèces patrimoniales.
 

Le futur

Le GONm poursuit l'action engagée pour relancer la désignation des ZICO en ZPS : boucle de Poses, littoral cauchois, côte des havres du Cotentin, rade de Saint-Vaast, marais de la Dives.
Pour atteindre ces objectifs, le GONm organise un vrai suivi des ZICO et des ZPS avec un réseau d’adhérents et de salariés. Un bilan annuel de ces sites, à usage interne, est réalisé par le GONm : « EPSION ». Cette publication est adressée aux membres du réseau.
 

Que peuvent faire les adhérents du GONm ?

Le conseil d’administration encourage les adhérents du GONm à aller observer sur les ZPS et les ZICO (tout comme sur les réserves du GONm d’ailleurs).
Recopier vos données sur les fiches RSS et envoyez-les le plus vite possible au local, en signalant dans la colonne observation qu’il s’agit d’une observation effectuée dans une ZICO ou une ZPS. Ne croyez surtout pas que d’autres observent et que votre contribution est inutile ! Au contraire ! Notre expérience de rédaction des bilans nous a montré qu’il n’y a pratiquement jamais de « doublons ». Par contre, les manques sont nombreux : toutes vos observations sont utiles.
De plus, si vous voyez des actes de destruction de milieux, des atteintes au patrimoine naturel, avertissez l’adhérent responsable de la zone afin qu’il puisse agir.
Pour vous aider, voici une liste synthétique des communes concernées par ces sites (vous pouvez avoir la liste complète des communes d’une ZPS ou d’une ZICO en contactant le GONm au 02 31 43 52 56 ou par mail ).