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ÉTUDES & RECHERCHES › Observatoire des oiseaux marins

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mercredi 1 février 2017 08:59

GONm Actu spécial "Oiseaux échoués"

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Pendant les mois d’hiver, la mer de la Manche accueille, en plus de l’avifaune sédentaire, de nombreux oiseaux, pour la plupart originaires du nord de l’Europe. Les oiseaux marins, notamment en hiver, s’exposent à de multiples menaces et, à la mortalité naturelle, s’ajoute une mortalité directe liée aux activités humaines. Si la découverte d’oiseaux, principalement marins, échoués sur le littoral est chose commune en hiver, la quantification des échouages et la détermination des causes de mortalité apportent des informations tant sur les espèces elles-mêmes que sur la qualité du milieu marin. C’est sur ces bases que le GONm a organisé, en 1972, la première enquête de recensement des oiseaux échoués sur les côtes normandes, enquête qui, 45 ans après, reste d’actualité.

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mercredi 29 juin 2016 17:40

Les grands cormorans Phalacrocorax carbo nicheurs en Normandie : enquête 2015 et historique

Le grand cormoran est une espèce cosmopolite qui fréquente pratiquement tous les milieux aqua­tiques  où une surface d'eau libre suffisante lui permet de se poser, de plonger et de décoller.

En 2015, toutes les colonies connues encore occupées recensées. Une nouvelle colonie a été découverte. 1884 couples nicheurs au total en Normandie, dont 940 sur des colonies littorales et 944 en milieu continental ont été recensés.

L’effectif maximal a été atteint en 2010. Depuis, la baisse des effectifs littoraux n’est plus compensée par l’augmentation en milieu continental, qui d’ailleurs a cessé et a même amorcé un léger déclin.

Par rapport à l’effectif national, la part normande qui était de 100 % jusqu’à la fin des années 1970 (puisque tous les nicheurs normands étaient français) n’a cessé de baisser pour ne représenter que 20 % de l’effectif français en raison à la fois de la stagnation normande et de l’augmentation considérable des effectifs nicheurs continentaux.

Grands cormorans nicheurs à Saint-Marcouf (photo Gérard Debout)
Grands cormorans nicheurs à Saint-Marcouf (photo Gérard Debout)

 

Gérard Debout

L’hivernage du grand cormoran en Normandie 1990-2014

Le grand cormoran est un hivernant régulier en Normandie. Il exploite aussi bien le littoral que les eaux douces. Les données anciennes sont peu précises car l’oiseau était, en période internuptiale, déjà considéré comme assez commun comme l’indique Gadeau de Kerville (1892) : « Toute la Normandie. Sédentaire et de passage régulier en mars et avril, et en automne. Assez commun ».

En décembre 2014, les 18 dortoirs littoraux occupés par les grands cormorans dans le département de la Manche hébergent en moyenne 91 individus ; ceux du Calvados 85,5 et ceux de Seine-Maritime 159. Sur le long terme, la moyenne des effectifs par dortoir occupé est de 117 individus, elle a décru au cours de la décennie 1990 pour se stabiliser depuis. Les 14 dortoirs continentaux occupés par les grands cormorans dans le département de la Manche hébergent en moyenne 39 individus ; ceux du Calvados 106, ceux de l’Orne 14, ceux de l’Eure 83 et ceux de Seine-Maritime 33. Sur le long terme, la moyenne des effectifs par dortoir occupé est de 95 individus, elle a constamment décru depuis le début de la décennie 1990.

Sur le long terme, depuis 1990, il n’y a aucune évolution significative des effectifs réellement recensés (R2 = 0,00025) soit 5 800 individus. Compte tenu des estimations présentées, on peut estimer que :

  • la population hivernante de grand cormoran en Normandie est globalement stable depuis le début des années 1990 ;
  • la population hivernante de grand cormoran en Normandie compte environ 6 400 individus répartis sur 165 dortoirs ; la moitié des hivernants étant littorale, l’autre moitié continentale.
Dortoir hivernal de grand cormoran (photo Gérard Debout)
Dortoir hivernal de grand cormoran (photo Gérard Debout)

Gérard Debout

 

mardi 22 avril 2014 21:05

Oiseaux échoués sur les côtes

Pour suivre le fil de discussion dédié sur le forum, c'est ici :
http://forum.gonm.org/viewtopic.php?f=5&t=706

Les adhérents du GONm ont toujours été sensibles aux échouages massifs d'oiseaux sur les côtes, qu'ils soient dus à des tempêtes ou à des pollutions. Très tôt, un recensement régulier, indépendant des échouages catastrophiques a été entrepris : en effet, l'importance de la pollution chronique et la nécessité de suivre son évolution ont vite été perçues.

C'est pourquoi, dès février 1969, un premier recensement était effectué sur 56 km de côtes bas-normandes. Un second avait lieu le dernier week-end de février 1972 (Braillon 1972) : il permettait de recenser 155 oiseaux échoués sur 257 km de côtes bas-normandes parcourues avec, d'emblée, une excellente participation des adhérents (31 au moins). Ce succès ne se démentira jamais puisque ce sont régulièrement plus de cent personnes qui participent. Depuis 1974, le décompte a lieu, tous les ans, lors du dernier week-end de février.

Les premiers dénombrements étaient coordonnés à l'échelon européen par les anglais du RSPB. En Normandie, Jean Duchon en fut l'organisateur de 1974 à 1978 ; Gérard Debout lui a succédé jusqu'en 1988 suivi par François Leclerc, Jean-Claude Dubosc et, actuellement, Gilles Le Guillou.

Plusieurs articles relatifs à ces décomptes ont été publiés : un premier bilan a été réalisé (Debout 1980) et une analyse des échouages d'alcidés a été présentée au colloque organisé en avril 1997, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du GONm (Debout 1997). Un bilan bas-normand puis un bilan complet ont été établis par Gilles Le Guillou (Le Guillou 2004 et 2006).

Plusieurs études concernant des échouages catastrophiques ont fait l'objet de publications : échouages de l'hiver 1981 - 1982 (Debout 1982) échouages de février 1983 (Debout et al. 1984).

Par ailleurs, le GONm a décidé, au milieu des années 1980, de ne s'occuper ni de la collecte des oiseaux échoués mais encore vivants, ni des soins à leur apporter ensuite jugeant que cela ne relevait pas de ses compétences et que, de plus, il n'était pas sûr que les oiseaux soignés se réadaptent à la vie sauvage.

À lire ci-dessous : un guide d'aide à l'identification des oiseaux échoués : 

 

Guet à la mer (seawatch)

Créée à l'initiative du GONm en 1982, la journée concertée de "guet à la mer" a pour objectif de mieux comprendre la migration des oiseaux marins le long des côtes de la Manche. 

  • la journée du 3 octobre 1982 coordonnée par G. Debout et assurée par une cinquantaine d'observateurs répartis sur 11 sites s'étalant du cap Gris-Nez à Granville fut un succès tant pour la participation que pour les enseignements acquis. 
  • En 1983, les deux journées organisées par Philippe Sagot au printemps et à l'automne rencontrèrent un succès inespéré : 9 sites normands, 1 picard, 2 dans le Nord-Pas-de-Calais et 4 anglais. Les 48 observateurs totalisèrent 166 heures de guet et 76 espèces observées. 
  • 1984 vit la présence des Bretons à Ouessant, des Belges à Ostende et des Anglo-Normands à Jersey et Sercq ; le 7 octobre 1984, un total de 76 heures d'observation sur 15 sites permet de noter 69 espèces d'oiseaux ; un compte-rendu de cette journée de guet fut publié dans le Petit Cormoran n°26.

Depuis, cette enquête se poursuit : elle a lieu le 1er dimanche d'octobre et est coordonnée par Guy Béteille.

Le bilan paraît chaque année dans le Petit Cormoran et dans le forum du GONm.

Vous pouvez télécharger ici le fichier pour participer aux recensements : Fiche_guet_la_mer.xls