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vendredi 28 août 2015 11:53

Carolles, 14e Week-end de la Saint-Michel

Carolles, 14° Week-end de la Saint-Michel
les 26 et 27 septembre 2015

affiches-CAROLLES-2015.jpgPROGRAMME

Samedi 26 septembre matin : 

  • 8h-11h : suivi en direct de la migration : présence des animateurs à la cabane Vauban
  • 11h30 : apéritif inaugural officiel du WE à la MOM, offert par le GONm (en présence des personnalités et  media),
  • 12h30 : pique-nique convivial à Carolles, repas tiré du sac

Samedi 26 septembre à 14 heures : conférences à la salle des fêtes de Carolles 

  • Alain Chartier : La migration du phragmite aquatique à travers l'isthme du Cotentin     Gérard Debout : Biologie de la migration des oiseaux
  • Visite de l' exposition de  Serge Nicolle, artiste animalier 
  • Luc Loison : les 30 ans de la réserve de Tombelaine 
  • Jacques Alamargot  : les 50 ans de la réserve de Jobourg

    et à 17h00 : promenade-découverte du littoral de la Baie du Mont Saint-Michel (départ salle des fêtes) 

Dimanche 27 septembre matin :

  • 8h-11h30 : suivi en direct de la migration : présence des animateurs à la cabane Vauban 
  • Atelier : initiation au dessin ornithologique sur le vif par Serge Nicolle
  • 12h30 : pique-nique convivial à Carolles, repas tiré du sac.  


LIEUX ET ACCUEIL : 

  • Réserve ornithologique de Carolles (parking de la cabane Vauban) à Carolles (50) 
  • La Maison de l’Oiseau Migrateur (MOM) au centre du bourg (près du SI et du camping).
  • Salle des fêtes, Carolles (route de Saint-Pair). 

Nous espérons d’ores et déjà que vous serez nombreux à réserver votre WE pour cette manifestation. En contactant la MOM (02 33 49 65 88 ou <mom@gonm.org> et/ou l'office de tourisme (02 33 61 92 88 ou <carolles.tourisme@wanadoo.fr>), des propositions d’hébergement vous seront faites.

Cet événement reçoit le soutien financier de l’Agence de l’Eau Seine – Normandie et de la commune de Carolles. 

jeudi 6 novembre 2014 12:41

GONm ACTU NOV 2014 N°2

goeland_argente.jpgCette rubrique mensuelle se propose d'informer  de l'actualité  du GONm.
Au menu : un résumé des observations du mois précédent, quelques nouvelles d'expos, de stages ou d'animations organisés par le GONm et un rappel des enquêtes ou événements à venir.

Plusieurs liens permettent d'en savoir plus, en cliquant sur des images ou des textes en surimpression.

Lire la suite...

Lundi 13 octobre 2014 20:22

Compte-rendu WE de la migration à Carolles

LA SAINT-MICHEL À CAROLLES / UN NOUVEAU SUCCÈS

13e Week-end des oiseaux migrateurs de la Saint-Michel,
les 27 et 28 septembre 2014 à la réserve des falaises de Carolles

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Banderole d'accueil à la MOM à Carolles (photo J. Alamargot)

affiche_Carolles.jpgPour cette treizième édition, l'assistance aux différents temps forts du week-end a été remarquable, le beau temps a sans doute incité de nombreux adhérents à passer un beau et bon moment en haut des falaises de Carolles. Ce beau temps, en fait, nous l'avons tous les ans depuis 13 ans sans exception et c'est bien pour cela que nous avions choisi, en 2002, cette date du dernier week-end de septembre, non au hasard, mais parce qu'on est à peu près sûrs de ne pas avoir de pluie ou de grosse tempête, même si ce n’est pas encore le moment du maximum des effectifs de la migration.

75 personnes ont observé les quelques migrateurs qui sont passé samedi matin malgré l'absence de vent, et encore une cinquantaine qui sont venues le dimanche matin alors qu'un léger vent d'est-sud-est un peu plus soutenu nous accueillait. Sébastien Provost, notre garde, avec quelques autres observateurs précis et perspicaces ont déterminé pour notre grand plaisir 30 espèces différentes en migration active et environ 1 500 oiseaux sur les deux matinées.

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Affluence sur la falaise à la réserve de la cabane Vauban, les longues-vues sont en action(photos : X Corteel, G. Debout)

Le pipit farlouse, avec presque 1 200 oiseaux, a représenté le plus gros contingent, les pinsons des arbres n'étaient pas encore nombreux (environ 300, ils seront beaucoup plus en octobre), quelques 200 étourneaux, les trois espèces d'hirondelles, des bergeronnettes grises et des ruisseaux, mais aussi 10 pigeons colombins et les premiers tarins des aulnes signant l'arrivée de l'automne. Des oiseaux remarquables  se sont fait admirer comme un faucon hobereau, un couple de faucon pèlerin au ras de nos têtes et de nouveau trois individus le dimanche matin : de quoi tester nos connaissances et combler ceux qui ne connaissaient pas ces oiseaux ou en tout cas pas dans de telles conditions d'observation. Les amateurs de grand large ont observé 9 grands dauphins samedi matin et encore 8 le lendemain ainsi qu'un phoque gris juste en dessous du cap de Carolles. Au delà des macreuses noires et de quelques labbes nous avons pu aussi exercer notre acuité visuelle en focalisant, grâce aux longues-vues, sur un radeau de puffin des Baléares ; ces oiseaux en estivage le long de nos côtes ont été dénombrés à environ 900. Enfin une troupe conséquente de 200 chardonnerets nous a tenu compagnie tout le matin dans le champ de sarrasin, planté exprès pour eux sur le plateau de la réserve. 

Finalement, de quoi satisfaire tous les amateurs selon leur acuité sensorielle, leur préférence et leur plaisir. 

Plus de 75 personnes ont partagé l'apéritif concocté comme d'habitude par les adhérents bé-névoles de la MOM avec cet accueil toujours si chaleureux en particulier de Danielle Lancrenon et Michel Carrasco que je remercie pour leurs délicieux apéritifs. Monsieur Jean-Marie Sevin maire de Carolles et Président de la Communauté de communes de Granville Terre et Mer, ainsi que Monsieur Bruno Dumeige de la DREAL de Basse-Normandie sont venus soutenir notre action et nous encourager pour la pérennité de cette manifestation annuelle. Messieurs D. Rungette de la DREAL, JF Legrand président du Conseil général de la Manche, JM Julienne et J Andro conseillers généraux de Granville et d'Avranches n'ont pas pu se déplacer. Le pique-nique a connu lui aussi une belle affluence et nous a permis de prendre le temps de visiter la MOM, local de la réserve de Carolles et de découvrir quelques peintures des oiseaux de la baie du Mont-Saint-Michel par Monsieur M. Pailley.

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Belles affluences au pique-nique à la MOM et aux conférences à la salle des fêtes de Carolles (photos : X. Corteel)

Une fois restaurés sous un soleil magnifique, c'est avec un grand plaisir et une belle affluence de 107 personnes qu'à partir de 14 heures nous avons accueilli nos trois conférenciers :

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Accueil de Pascal Provost et de Jean Sériot par Claire Debout (photos : X Corteel)

Pascal Provost a présenté les tendances évolutives de deux populations d'oiseaux marins ni-cheurs à la réserve naturelle nationale des Sept-Îles en Bretagne, le macareux moine et le fou de Bassan. Nous avons découvert le régime alimentaire du macareux, étudié avec de nouveaux proto-coles comme la photographie numérique et les trajets alimentaires et la ségrégation des zones d'alimentation des fous de Bassan grâce à la télémétrie. Pascal a évoqué les mesures conservatoires pour les protéger ainsi que les expériences de science participative. Il nous a présenté le plan de gestion établi pour la période 2014 à 2024, les changements et les menaces qui pèsent sur cette réserve. Conservateur de la réserve naturelle nationale des Sept-Îles en Bretagne, Pascal a été employé pendant plusieurs années à la Maison de l'Estuaire, organisme gestionnaire de la réserve naturelle nationale de l'estuaire de la Seine. Depuis 4 ans, il est parti à la LPO en tant que conservateur de la réserve des Sept Îles.  

Jean Sériot, ornithologue réputé, bien connu pour ses études sur les hirondelles et aussi sur les rapaces (ouvrages parus chez Delachaux & Niestlé), travaille à BIOSphère environnement. Il est un des fondateurs éminents de RFO, Réseau français d'ornithologie (fédération à laquelle le GONm a adhéré et où Alain Chartier nous représente). Jean nous a raconté l'histoire des hirondelles, oiseaux migrateurs typiques et mythiques : la rustique, celle de fenêtre, de rivage, la rousseline et celle des rochers. Leur migration, la phénologie de reproduction, le coût énergétique auquel la femelle doit faire face afin d’assurer la ponte, la couvaison et l'élevage des jeunes. Il a conclu en discutant des capacités d'adaptation de certaines espèces comme l'hirondelle rousseline contrairement à l'hirondelle des rochers qui ne sait pas encore s'affranchir des rochers sensu stricto. Cet exposé complet a été émaillé de nombreuses anecdotes montrant la grande connaissance de Jean Sériot sur les hirondelles qu'il suit depuis si longtemps et, notamment, dans son arrière-cuisine. 

XCO17.jpgRaphaël Musseau, ingénieur de recherche diplômé de l'école pratique des hautes études tra-vaille à BIOSphère environnement. Il a présenté, avec sa collaboratrice Sonia Beslic, l'écologie et l'avenir de la population de la gorge-bleue à miroir de Nantes en estuaire de la Gironde. 

Raphaël Musseau (photo X Corteel)

Ils nous ont présenté la méthode du "distance sampling" pour estimer les densités absolues de mâles chanteurs, la récolte de fientes pour étudier le régime alimentaire en période postnuptiale, les suivis par radiopistage pour estimer les domaines vitaux en période postnuptiale, et l'étude de la mue. L'exposé très riche et imposant a permis à nos adhérents d'apprécier le caractère éminemment scientifique des questions que l'on peut traiter pour  une seule espèce et les divers moyens utilisés pour y répondre. 

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De droite à gauche : Sonia Beslic, Raphaël Musseau et Jean Sériot lors du pique-nique (photo C. Debout)

Nous remercions grandement ces trois conférenciers pour leurs brillants exposés dans des domaines très différents et pour leur simplicité et leur gentillesse. 

Avant et après les conférences nous avons admiré les œuvres photographiques de Xavier Corteel (magnifiques passereaux en digiscopie) et Alexandre Corbeau (gros plans étonnants des oiseaux des îles Kerguelen). Merci pour ces très belles photos. 

Après cet après-midi studieuse et riche, Sébastien Provost et Benoît Lecaplain ont conduit une trentaine de personnes à la découverte de la vallée du Lude et Eric Perret a fait une démonstration d'enregistrement de chant d’oiseaux dans la vallée des Peintres avec une dizaine d'observateurs. G. Debout et A. Chartier ont guidé nos conférenciers pour découvrir quelques points de vue sur la baie du Mont-Saint-Michel.

Ce week-end a été une belle réussite grâce à la mairie de Carolles qui met à notre disposition la salle des fêtes toute rénovée et confortable et équipée pour les conférences, grâce à la villa Eole pour l'hébergement, grâce au partenariat financier du Conseil général de la Manche et de l'Agence de l'Eau Seine-Normandie. Merci bien sûr aux bénévoles de la MOM à Carolles, à Sébastien et à l'Office de tourisme pour la communication avec l'affiche réalisée par Guillaume Debout, aux différents animateurs sur la réserve et lors des ballades, aux exposants et enfin aux conférenciers. 

J'espère que nous aurons encore le plaisir de nous réunir pour une 14e édition avec de nou-velles conférences toujours en relation avec la migration pour parfaire notre connaissance de ce phénomène très complexe qui concerne tant d'oiseaux.

Et je remercie tous les adhérents, toujours plus nombreux, qui sont venus à Carolles pour cette manifestation que j'ai à cœur de faire durer. Je vous donne donc rendez-vous l'année prochaine pour la 14e édition, le dernier weekend de septembre en 2015 (26 & 27 septembre). 

Pour avoir les résultats chiffrés des observations des migrateurs passés à Carolles ces deux matinées : http://www.migraction.net/index.php?m_id=112&frmSite=12&graph=synthesis&action=list 

Documents tirés des diaporamas des conférences :

mac.jpgfous.jpgcarte__hirondelles.jpggorgebleue.jpg

Claire Debout

jeudi 24 avril 2014 15:49

M02- Réserve de Tirepied (50)

Lorsque la convention est signée le 30 octobre 1990 avec le propriétaire de l’époque,  l’objectif n’est pas de faire de cette prairie de deux hectares située entre le bourg et la Sée un site ornithologique remarquable. Sa localisation sur la rive droite est moins avantageuse que la rive opposée plus basse et donc plus humide et le contact avec la zone habitée est un handicap pour la quiétude du site. C’est sous l’angle de la gestion « expérimentale » et du suivi serré que cette parcelle a présenté un intérêt pour le GONm.

1 – Situation initiale

La prairie est utilisée comme pré de fauche intensif (3 coupes annuelles et épandages d’engrais azotés intermédiaires). La végétation prairiale est exclusivement graminéenne, sauf sur les marges (rive et haie) où s’exprime le fond hygrophile de la station : lysimaque, achillée sternutatoire, épiaire des marais, baldingère, … Une seule haie existe, ancienne, mais la limite avec le bourg est nue. La rive de la Sée est irrégulièrement boisée d’aulnes et de saules.

2 – Travaux

Depuis la signature, aucun épandage d’engrais ni de fumier n’a eu lieu. L’alternance fauchage / pâturage a été mise en place au début (chevaux, puis jeunes bovins). Les épisodes d’inondations ne permettaient pas toujours de faire passer le bétail en arrière-saison. Actuellement, deux fauches ont lieu par an, sauf exception liée aux conditions météorologiques.

Une haie a été plantée en limite de bourg, sur deux rangs. La taille annuelle latérale ne concerne que pour partie le côté sud vers la prairie : la plantation a été effectuée à distance suffisante de la limite de propriété pour que le roncier de pied soit laissé en place vers l’extérieur.

Dans la haie ancienne, des saules tombés ont été laissés en place. Ils ont alors constitué une saulaie élargie qui a été un élément important pour l’avifaune. De même, lors de la dernière tempête de décembre 1999, les aubépines et prunelliers tombés n’ont pas été coupés immédiatement, les souches rejetant (y compris sur les racines mises à nu), ce qui a permis d’élargir la haie. Actuellement, le roncier de lisière laissé en place forme un ourlet conséquent.

Il existait un fossé central, comblé par absence de curage depuis des années. Ce fossé était destiné à évacuer l’eau lors des inondations vers le pré voisin en val, étant situé à un niveau inférieur au bourrelet de crue de la rive du fleuve. Il a été recreusé à la pelle hydraulique, et complété avec une mare à l’intersection de deux fossés. Mais contrairement aux anciens fossés connectés avec d’autres exutoires extérieurs à la parcelle, le nouveau système de fossés est aveugle, c’est-à-dire que les fossés ne débouchent sur rien d’autre que la mare centrale. Un glacis en pente douce sur une rive de la mare a permis l’installation d’une flore hygrophile dominante (joncs, saules, lysimaque, typhas). Actuellement, une saulaie s’est développée sur le tracé des fossés. Une haie haute fixe le rebord de la mare exposé au flot de crue.

Cette mare est en eau en fonction du niveau de la nappe du lit majeur. Elle s’assèche en général en début d’été (en général après le départ des jeunes poules d’eau.)

Les aulnes de la rive dépérissent régulièrement depuis quelques années, même au jeune stade, la maladie étant due à un « champignon » microscopique : Phytophthora de l'aulne (Oomycète, Phytophthora alni). Les troncs tombés forment des embâcles qui ont été déblayés à deux reprises par des entreprises commandées par la société de pêche (sur financement du Conseil Général). Il y aurait beaucoup à dire sur ces travaux d’entretien mal conduits, ou en tout cas mal encadrés, et dont la finalité serait à discuter. La demande d’entretien émane aussi du club de canoë-kayak d’Avranches. Le choix de laisser les saules penchés barrer plus ou moins le cours d’eau est délibéré, illustrant la volonté de recréer des conditions « naturelles » d’embâcles diverses…(ce qui est probablement mal vécu par les autres utilisateurs du cours d’eau, les pêcheurs en tête).

3 – Quelques résultats

La parcelle est visitée régulièrement : 674 visites (du 23/03/95 à fin 2010) d’une durée variable, au minimum 30 minutes (parcours Tendances tous les deux mois). Toutes les données ont été cartographiées et stockées en attendant une synthèse globale.

3.1 – Avifaune

Sur les 116 espèces notées au moins une fois au cours des sorties (bilan non à jour fin 2010), 92 ont été vues ou entendues posées dans l’espace de la réserve (2 ha), soit près de 80 %. Les 24 autres correspondent surtout à des déplacements dans l’axe de la vallée, échanges entre la baie du Mont Saint Michel et les grandes prairies situées en amont : courlis cendré, courlis corlieu, barge à queue noire, chevalier gambette, busard Saint Martin, etc. La migration voit passer vers le sud le pipit des arbres, le serin cini, le gros bec, etc. mais l’observation de la migration des passereaux n’est pas facilitée par la topographie des lieux. Le coucou, le freux, nicheurs locaux, n’ont pas été notés sur la réserve.

L’absence des « grands limicoles » (courlis, barges) est un bon marqueur de la nuance locale qui existe entre les grandes parcelles, autrefois humides, et le petit parcellaire de pâturages enclos de haies, le tout en zone inondable (lit majeur de la Sée). Dans les deux cas, l’évolution a été la même, à savoir l’évacuation rapide des eaux de surface vers le cours d’eau. L’arasement de nombreuses haies lors du remembrement de la commune, en particulier celles qui barraient la vallée et freinaient l’écoulement des eaux, a aussi simplifié et asséché le milieu.

Au cours des quinze années du suivi, deux espèces nicheuses ont disparu : le pouillot fitis et l’hypolaïs polyglotte. On peut considérer que le premier n’a fait que suivre le déclin général de l’espèce ailleurs en Normandie : le couple a niché jusqu’en 1996. Le territoire était établi sur le secteur de haie élargie par la saulaie couchée. En 1997, le mâle s’est cantonné sans suite. Par la suite, l’espèce est notée au double passage, de plus en plus rarement d’ailleurs pour ne plus être observée du tout en 2003. Le couple nicheur de 1996 fut le dernier connu de la basse vallée de la Sée. Le mâle était bien identifié par un chant mixte véloce – fitis noté dès 1995. Quant à l’hypolaïs, en 1995, elle niche sur le secteur de haie basse de boutures de saules plantée deux ans auparavant. En 1995, deux couples sont même cantonnés. Aucun nicheur ne s’installera les années suivantes. L’espèce est très localisée en vallée de Sée (4 sites connus). On peut considérer que la croissance de la haie de la réserve est ici l’explication logique de la disparition de l’espèce.

La création de la mare et des deux fossés est certainement le fait le plus marquant de l’évolution du site avec le développement de la haie plantée au nord. De nombreuses espèces y seront observées : bécassine des marais, bécassine sourde, bécasse des bois, canard colvert, chevalier culblanc, chevalier sylvain, traquet pâtre, pipit spioncelle, gorgebleue, etc. Le martin-pêcheur vient régulièrement y pêcher, deux jeunes terminant leur émancipation sur le site en 2000 par exemple. Le bruant des roseaux est une acquisition à mettre au compte de la zone humide adjacente à la mare. Il niche chaque année depuis 1997. La poule d’eau niche avec plus ou moins de réussite suivant les années et le niveau d’eau. En période internuptiale, l’îlot boisé central constitué par les saules et la haie de rive est utilisé par de nombreux passereaux en dortoir (actuellement, un embryon de dortoir de pie se constitue.)

La haie ancienne est attractive pour les hivernants : en décembre 2001, environ 500 grives mauvis s’y installent en dortoir, les saules couchés par la tempête étant particulièrement utilisés. Auparavant, la grive litorne avait été notée en février 1999 (250+-) sur le même secteur. Au passage d’octobre, les turdidés sont souvent bien représentés : par exemple, 14 merles, 13 grives musiciennes et 18 grives mauvis un 22 octobre 1999.

Les aulnes de la rive, du moins ceux qui restent vivants, attirent de beaux groupes de granivores : 90+ tarins (2001), 50 chardonnerets (2002). La rive, mais aussi les haies voisines, sont visitées par le pouillot véloce hivernant : un maximum de 6 le 13 janvier 1996 reste un record.

3.2- Autres groupes

Des inventaires ont été menés à l’occasion d’enquêtes ou non : araignées (58 espèces ; Nicole Lepertel), lépidoptères (293 espèces, Jean-Paul Quinette, Nicole Lepertel & Philippe Guérard), orthoptères (13 espèces, Matthieu Beaufils). Parmi les 296 coléoptères capturés sur la réserve (Yves Le Monnier, Philippe Guérard, Alain Livory, Jean-François Elder), figurent 15 Histéridés, petits coléoptères spécialisés, déterminés par Y. Gomy, dont certains dans des habitats particuliers (nid de taupe : Onthophilus punctatus, seule donnée de l’inventaire de la Manche publié par Gomy en 2004, latrines de blaireau, litière de nichoir). ainsi que 15 espèces de coccinelles. Pour les annélides, 16 vers de terre ont été déterminés par M. Saussey.

La mare a permis l’installation rapide de la grenouille rousse, de la grenouille agile, de la salamandre, du triton palmé. La rainette chante deux années sans suite…, la couleuvre à collier y circule. C’est aussi sur la rive que sont notées la musaraigne bicolore, la musaraigne aquatique, l’hermine. Le rat des moissons est déjà présent lors de la création de la réserve, mais disparaîtra peu à peu. Le blaireau et le renard deviennent des habitués de la jeune haie, attirés par les prunes abondantes tombées sous les pruniers mirobolants (d’où les latrines creusée à proximité, sous les excréments desquelles sera trouvé un des Histéridés…). Le bouvreuil est aussi devenu régulier en fin d’hiver grâce aux bourgeons à fleur de ces pruniers qu’il courtise des journées entières.

Á noter une galle originale sur les strobiles de l’aulne glutineux des rives de la Sée (Mycocécidie Taphrina plus connue sur l’aulne blanc montagnard.)

Conclusion

Sans devenir un site remarquable, ce qui n’était pas l’objectif initial, ces deux hectares ont permis de mettre en œuvre des mesures simples d’une gestion aboutissant au retour du caractère humide de la prairie. Si ce n’est pas un choix défendable pour un agriculteur, c’est cependant la preuve « a contrario » que l’agriculture locale a un impact négatif majeur sur les populations d’oiseaux d’eau et autres passereaux liés aux zones humides prairiales. La simple observation des fuites répétées de poules d’eau vers les haies des prairies inondées rappelle les liens étroits qui existent entre ces espèces jugées banales et le bocage humide. « Banales » n’est d’ailleurs plus de mise, même la poule d’eau n’est plus commune dans ce bocage, confinée aux rares espaces en eau (mares à gabion). Il faudrait ajouter les faits se rapportant à l’entretien de la Sée : colverts, poules d’eau et surtout sarcelles d’hiver ont apprécié les lendemains de la tempête de décembre 1999 : la Sée avait retrouvé une végétation rivulaire un peu sauvage dans son organisation. Ce fut la seule période où ces oiseaux se cantonnèrent, et tentèrent de nicher sur rive en ce qui concerne la poule d’eau.

Á côté des trois fonctions décrites ci-dessus (observation, inventaires, expériences de gestion), cette réserve permet de juger de l’intérêt des mesures de gestion mises en place par les structures piscicoles. La présence du saumon migrateur autorise une forte pression d’entretien de la part des sociétés de pêche locales.  Les travaux draconiens de dégagement des embâcles se traduisent par un éclaircissement des boisements de rives. Les populations de poules d’eau, de colverts, de martin-pêcheur sont probablement concernées, de même que des oiseaux plus discrets, la sarcelle d’hiver par exemple qui recherche les tronçons de rives couverts par la saulaie basse. Le classement en zone Natura 2000 axé sur l’habitat saumon donnera probablement « pleins pouvoirs » aux objectifs piscicoles dans la vallée.

tirepied1.jpgla rive de la Sée et les aulnes mourants

tirepied2.jpgau centre, l'îlot boisé de la mare; à droite, la haie nord plantée

tirepied3.jpgSaulaie et baldingère au contact de la mare et des fossés

tirepied4.jpgnid à sec de la poule d'eau sur la mare, en juillet (après départ des jeunes)

tirepied5.jpgpassage du blaireau vers les pruniers bien visible après fauche de fin août. Direct depuis la haie vers les pruniers de la haie

tirepied6.jpgpré inondé, le 11 janvier 1993. La haie de l'ouest encore très dégradée est maintenant un roncier dense, filtrant et ralentisseur pour le flot de crue

Réserve Naturelle Régionale des marais de la Taute

Coordonnées GPS : 49,261 N et - 1,198 W

Description

Les Marais dits de Carentan sont une vaste dépression humide d’environ 25000 hectares traversées de plusieurs cours d’eau qui, tous, se jettent en mer en baie des Veys par des portes à flots. Ces marais deviennent, en hiver, un vaste plan d’eau. Au printemps, les prairies de fauche alternent avec les prairies pâturées. Au sein de ces marais, desquels le GONm a acheté plus de 200 hectares de prairies :  début 2018, le GONm est propriétaire de 212 ha dans la vallée de la Taute dont 147 ha qu’il a faits désigner en Réserve naturelle régionale et 65 ha hors RNR.

Cet ensemble de parcelles n’est pas d’un seul tenant mais toutes ont en commun d’être inondables et d’une valeur patrimoniale remarquable grâce à une grande diversité de milieux et d’espèces sur une surface relativement restreinte. Les objectifs de gestion sont le maintien d’un milieu herbager, le maintien d’une nappe d’eau affleurante au printemps, le maintien du caractère ouvert du milieu et la diversification des habitats.

Pour aboutir à ce résultat, plus de 12 exploitants acceptent nos demandes (fauches tardives, voire alternées, pâturage extensif), tandis que nous gardons la gestion des niveaux d’eau par des ouvrages hydrauliques dès que nous en avons la possibilité.

Intérêt ornithologique

140 espèces d’oiseaux ont été observées, mais l’intérêt majeur concerne les nicheurs rares : busard des roseaux et busard cendré, butor étoilé, locustelle luscinioïde, mais aussi sarcelle d’été, râle d’eau, courlis cendré, vanneau huppé, gorgebleue à miroir, locustelle tachetée, bouscarle de Cetti, bergeronnette flavéole, traquet tarier, phragmite des joncs et bruant des roseaux. Bien d’autres espèces peuvent aussi être observées en migration, la réserve du « Cap » étant, sur l’ensemble des marais de Carentan, le principal site de passage du rarissime phragmite aquatique. L’hiver, la nappe d’eau accueille surtout des laridés, tandis que les parties exondées sont fréquentées par les hérons, cigognes, bécassines, ....

Vous rendre sur la Réserve naturelle régionale des marais de la Taute

Pour assurer la quiétude des réserves, le public n’est pas autorisé à y pénétrer, mais avec le trajet que nous proposons, il est facile d’assister au passage de proie du mâle de busard des roseaux à sa femelle, à la parade du courlis cendré, d’observer la cigogne blanche arpentant le marais ou d’écouter le babil du phragmite des joncs. De la vieille église de Graignes (« le vieux bourg »), belle vue sur les marais dont la réserve des Défends à vos pieds, à l’ouest. Prendre ensuite la D89 vers le nord et traverser l’étroit détroit de marais entre deux buttes bocagères. Arrêtez-vous après avoir franchi le canal de Vire-Taute, au lieu-dit le Port des Planques.

Visite 1 : réserve de Pénême

Si le site n’est plus ou n’est pas encore submergé : du parking, passez la barrière et suivez le canal (sentier vers le sud-est) en le laissant à votre droite pendant presque 3 km. Vous emprunterez alors le pont pour franchir le canal et revenir par l’autre rive vers le Port de Planques. De part et d’autre du canal, vous êtes légèrement en hauteur et vous pouvez observer les marais, dont une bonne partie est en réserve du GONm (accès interdit en dehors des animations).

Visite 2 : réserve du Cap

Toujours depuis le Port des Planques, longez le canal cette fois vers l’ouest par l’une ou l’autre des rives. Au bout de 3 km, vous retrouverez un pont qui vous permettra de revenir par l’autre rive, si vous le souhaitez.

Là aussi, sur une partie du parcours, vous longez les réserves (accès interdit en dehors des animations).

 

Réserve soutenue par :

Région Normandie Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural - FEADER

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