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28/02/2026 21h14

La migration à Agon

L’intensité et la diversité du passage migratoire de passereaux noté sur le célèbre secteur des falaises de Carolles, face au mont Saint-Michel, ainsi que les suivis plus larges réalisés en 2009-2014, documentent l’existence d’un flux migratoire de passereaux suivant globalement le littoral de la Manche. Il n’est guère plus révolutionnaire de considérer la côte manchoise des Havres comme un lieu intéressant pour suivre et tâcher de dénombrer le passage de passereaux, ne serait-ce que pour évaluer la part qui transite ici par la côte au lieu de couper à travers la presqu’île du Cotentin comme observé dans l’étude GONm de 2009-2014 (Chevalier & Beaufils 2016). En Vendée, le site de la pointe de l’Aiguillon est connu depuis plus de trente ans pour constituer un point de passage migratoire de première importance pour les passereaux, en plus des innombrables limicoles : les oiseaux longeant le trait de côte le suivent sur toute la flèche sableuse jusqu’à se trouver dans l’obligation de franchir le bras de mer de plus de 5 kilomètres qui les sépare alors de la côte charentaise au-delà de la baie de l’Aiguillon. Les estuaires successifs que forme la côte des Havres, entre Barneville-Carteret et Granville, forment a priori pour le flux de migrateurs autant de « pointes de l’Aiguillon » successives : le jeu des courants, des marées et du flux des fleuves côtiers à l’embouchure a constitué des havres plus ou moins larges ou profonds partiellement barrés par une flèche sableuse nord-sud, tantôt en rive droite, tantôt en rive gauche. Le havre de Regnéville, entre les communes d’Agon-Coutainville et de Regnéville-sur-mer, à quelques kilomètres à l’ouest de Coutances, constitue le plus vaste et celui dont la configuration évoque le plus la pointe de l’Aiguillon avec un long triangle sableux de trois kilomètres environ depuis Coutainville jusqu’au phare, la pointe d’Agon, suivi par l’embouchure elle-même. L’objectif des suivis menés à l’automne 2025 est de vérifier la présence d’un flux de passereaux migrateurs suivant cette flèche sableuse avant de « sauter » le bras de mer en direction du sud, et de commencer à en caractériser l’ampleur et la composition.

Les inventaires suivants doivent donc être compris comme un test mené selon les disponibilités de l’opérateur, et ne constituent pas un choix méthodologique arrêté en termes de nombre de dates, de fréquence ou même de durée. 

Méthodologie

Le suivi a été réalisé par un opérateur seul, doté de jumelles mais pas de longue-vue, installé sur la Pointe d’Agon à proximité immédiate du phare, près du chemin de randonnée. Localisé sur « l’échine » du bourrelet sableux que forme la Pointe, il dispose d’un point de vue dégagé vers l’ouest, le nord et l’est, le bouquet d’arbres masquant partiellement la vue côté sud. Il est ainsi en mesure de vérifier que les groupes d’oiseaux qu’il observe s’élancent au-dessus de la mer après avoir atteint l’extrémité de la pointe, ou bien s’il s’agit d’oiseaux « locaux » qui ne font que se déplacer sur le cordon dunaire.

L’observateur reste en poste, en matinée, pendant une durée d’une heure environ, saisissant ses observations à mesure sur l’application NaturaList. Pour les passereaux, le détail « en vol » est ajouté uniquement dans le cas d’oiseaux en migration active se disposant clairement à franchir le bras de mer quelques secondes après avoir survolé l’observateur. Par exemple, le groupe d’une centaine de Linottes mélodieuses qui en automne ne cesse de parcourir la Pointe dans le secteur du phare n’est pas noté comme tel.


Carte IGN (1 :25000) de la pointe d’Agon. L’observateur se poste au point jaune

Les comptages ont été réalisés les 26 septembre, 7 octobre, 10 octobre, 15 octobre, 16 octobre, 30 octobre, 4 novembre et 9 novembre, toujours dans la fourchette 9h30-11h30.

Pour le choix d’effectuer un comptage, la météo est indifférente dès lors qu’il ne pleut pas. En outre, il s’est avéré que le passage des oiseaux n’était nullement contrarié par un vent contraire fort (cas du 4 novembre : vent du sud atteignant près de 40 km/h en rafales sur les horaires du comptage).

Les conditions météo ci-dessous sont celles relevées à 9 heures à la station de Gouville, la plus proche existante qui soit située sur le littoral et donc dans des conditions semblables à celles de la pointe d’Agon.


Tableau 1 : conditions météo relevées à Gouville à 9h le jour des relevés (données disponibles sur infoclimat.fr)

Espèces observées en migration active

Le tableau 2 donne la liste de l’ensemble des espèces contactées lors de ces suivis (données présentes dans les listes complètes consacrées au suivi de la migration ce jour-là) avec les effectifs correspondants par jour. Ces espèces sont au nombre de 64 (+ 2 entrées « indéterminé »).


Tableau 2 : liste des espèces, avec les effectifs, contactées lors des comptages d’oiseaux migrateurs

Cependant, ce tableau renseigne sur peu de chose, hormis la diversité ornithologique observable sur le site de la pointe d’Agon lors de la migration postnuptiale, puisqu’elle inclut des nicheurs locaux, des nicheurs des environs en dispersion, des oiseaux d’eau et limicoles en migration au large, sur l’estran ou dans l’estuaire et contactés « de loin » dans un protocole qui ne leur était pas destiné, des hivernants… Ajoutons enfin que l’observateur a contacté un total de 78 espèces sur l’emprise de la pointe d’Agon entre le 26 septembre et le 9 novembre, toutes données incluses, listes complètes ou non, en suivi de migration ou non.

Le tableau 3 est donc celui qui fera l’objet d’analyses : il est resserré aux seules espèces dont tout ou partie des individus ont été observés en migration active ce jour-là (vol direct nord-sud avec franchissement du bras de mer après avoir survolé l’observateur) et aux effectifs notés en migration active. Autrement dit, dans le cas, par exemple, de l’Alouette des champs, la différence d’effectifs notés entre les tableaux 2 et 3 traduit le fait que la quasi-totalité des alouettes observées étaient en stationnement sur la Pointe et non en cours de franchissement du bras de mer. Les oiseaux d’eau vus au large ou au loin dans l’estuaire sont également exclus, car ils se trouvaient bien trop loin de l’observateur pour que celui-ci puisse déterminer s’il s’agissait de passage ou d’allées et venues, et surtout d’établir des effectifs ayant une quelconque signification. En résumé, on ne s’intéresse qu’au flux de passereaux en migration active survolant la pointe d’Agon puis l’estuaire de la Sienne.


Tableau 3 : passereaux en migration active dénombrés à la pointe d’Agon lors des comptages de l’automne 2025


Ébauche d’analyse

La première observation s’impose immédiatement : avec une moyenne de près de 750 oiseaux en migration active notés pour chaque comptage d’une durée d’environ une heure, oui, la pointe d’Agon est un site de passage migratoire d’ampleur suffisante pour justifier de s’intéresser aux flux et d’en effectuer un suivi.

Le suivi a débuté tardivement, faute de disponibilités et de météo favorable, ce qui explique le faible effectif noté pour l’Hirondelle rustique : aux dates de suivi, le gros du passage avait déjà eu lieu. La situation est sans doute identique pour la Bergeronnette printanière/flavéole, qui passe en nombre au-dessus de la pointe d’Agon d’après les visites réalisées en-dehors des comptages commentés ici.

Parmi les espèces les plus notées :
La Linotte mélodieuse est difficile à dénombrer réellement, car à partir de fin octobre, la pointe d’Agon est constamment occupée par des dizaines d’oiseaux en stationnement prolongé, avec en particulier un groupe de près de 150 individus se déplaçant constamment dans les dunes et cuvettes arrière-littorales. Aussi des groupes en migration ont pu ne pas être repérés comme tels et imputés à ces mouvements locaux.

Le Pipit farlouse en revanche se comporte d’une manière qui permet aisément de distinguer les courts vols locaux des oiseaux en migration, qui passent toujours à plus de 10 mètres de hauteur. Fin septembre, le passage horaire de Farlouses présente des valeurs très proches du flux constaté 24h auparavant sur les sites britanniques que néerlandais, où il est d’ailleurs très faible. Lors des deux sessions de début octobre, la situation s’inverse. Bien que le flux soit sensiblement plus bas à Agon qu’aux Pays-Bas et en Belgique, c’est encore de ces stations qu’il est le plus proche, un gros pic de passage noté en Angleterre puis sur la côte atlantique française ayant été raté d’un jour (il a eu lieu les 5-6 octobre). Ces corrélations sont cependant assez médiocres compte tenu du temps de suivi court (1 à 2h) sur un site unique et plusieurs sites Trektellen très éloignés peuvent présenter des flux semblables à ceux notés à Agon. Cependant, ces constats sont cohérents avec les données de l’atlas des oiseaux migrateurs de France : le département de la Manche reçoit aussi bien des oiseaux descendant de Fennoscandie via le Benelux, entrés en France par les côtes de la mer du Nord, que des oiseaux britanniques et plus nordiques encore (Islande) qui traversent la mer en direction de la presqu’île du Cotentin.

Le Pinson des arbres, dont les effectifs croissent constamment à partir de mi-octobre, est un migrateur abondant à la Pointe, et les chiffres le sous-estiment certainement car les groupes tendent à se déplacer plus haut que les Pipits farlouses, notamment par temps clair (et même par fort vent contraire). Ils sont alors quasi-invisibles sur fond de ciel et ne se signalent que par quelques cris. Il en va de même du Pinson du nord. Tous les contacts ont été obtenus au cri, au sein de troupes mixtes où étaient également présents des Pinsons des arbres.  À la hauteur à laquelle circulent ces oiseaux, il est impossible de dénombrer précisément l’effectif respectif des deux espèces, même si la rareté des cris de Pinsons du nord indique que cette espèce est restée très minoritaire lors des comptages.
Il faut signaler qu’aux deux dates du 4 et du 9 novembre, le flux de Pinson des arbres est important à Agon, et très important sur tous les sites français du Pas-de-Calais au cap Ferret, mais très modeste, voire insignifiant en Belgique et aux Pays-Bas, alors que le 30 octobre, le flux élevé à Agon coïncide avec des valeurs de plusieurs dizaines de milliers d’oiseaux sur les sites du nord de la France et du Benelux. Un blocage des oiseaux aurait-il eu lieu dans le nord de la France les premiers jours de novembre ? En tout état de cause, le flux mesuré à Agon même au pic reste bien inférieur à celui noté sur les sites de suivi de migration dont les données sont consultables sur Trektellen, ce qui peut s’expliquer par la faible visibilité des pinsons en cas de ciel dégagé, les oiseaux passant très haut étant peu discernables sur fond de ciel lumineux.

Un observateur originaire de l’intérieur des terres (comme l’auteur) peut s’étonner de l’effectif colossal, et pourtant sans doute encore sous-estimé, de l’Étourneau sansonnet, vu sa réputation d’espèce désormais sédentarisée. Si les nicheurs français et britanniques sont majoritairement sédentaires, les oiseaux de Fennoscandie, des côtes de la Baltique et du nord de l’Allemagne transitent par centaines de milliers par le Benelux, le nord de la France et les côtes de la Manche et ce sont eux qu’on voit passer sur nos côtes. Légèrement plus tardif que celui des fringilles, le pic est observé plutôt autour du 10 novembre en Normandie (Chevalier & Beaufils, ibid). Ce flux représente près de 50% des oiseaux comptés (graphique 1). Le podium est complété par le Pinson des arbres (27%) et le Pipit farlouse (12%). Aucune autre espèce n’atteint les 5%. Les données présentes sur le site Trektellen aux dates du 4 et du 9 novembre (pic de l’espèce pour les observations d’Agon) indiquent des flux importants de cette espèce en début de matinée le jour même (près de 100 000 à Breskens le 4, 22 000 le 9) et la veille (resp. 153 000 et 50 000). Le trajet de Breskens à la pointe d’Agon représentant environ 400 km en ligne droite et plus de 500 en longeant la côte, ce sont certainement des oiseaux (au mieux) de la veille que l’on retrouve ensuite à Agon. Notons par ailleurs qu’aux dates correspondantes, le flux d’Étourneaux sansonnets passant sur les sites au sud de la Grande-Bretagne est insignifiant autour des dates de pic d’étourneaux à Agon : les chiffres britanniques les plus élevés sont alors notés sur la côte du Norfolk, très au nord de Londres.

La dernière remarque concerne la Mésange bleue : bien que trois groupes aient été observés dont deux relativement importants, le flux migratoire énorme de Mésanges bleues noté sur d’autres sites, notamment à Carolles, à relier à l’abondance des oiseaux nordiques (effectifs très élevés notés à Falsterbo en Suède) n’est qu’à peine sensible ici. Il est probable que l’essentiel du flux provenant du nord-est a « coupé » à travers le Cotentin pour ne rejoindre la côte que plus au sud.


 
Graphique 1 : composition du flux migratoire total noté à Agon à l’automne 2025 (les espèces totalisant moins de 20 oiseaux sont agrégées en un champ Autres espèces et l’entrée Fringille indéterminé est retirée)

Sur le plan de la chronologie, le pic migratoire se situe autour du 1er novembre, si l’on prend en compte les espèces les plus abondantes : linottes, pinsons et étourneaux. Au sens strict, c’est la date du 9 novembre qui voit passer le plus d’oiseaux en raison d’un effectif colossal d’étourneaux, mais les pics des deux autres espèces ont été notés le 1er novembre. En cela, l’année 2025 correspond au schéma relevé sur un ensemble de sites normands suivis par le GONm entre 2010 et 2014 (Chevalier & Beaufils 2016). Si le flux de Pipits farlouses est principalement noté avant la mi-octobre, les flux de pinsons et d’étourneaux se renforcent à mesure que la saison avance. Le premier Pinson du nord est très précoce (7 octobre) à l’image de toute la migration postnuptiale de cette espèce en France cette année : première mention confirmée sur Faune-France le 4 septembre en Haute-Saône, une trentaine de données dans la seconde quinzaine de septembre, passage important à partir du 10 octobre.
Un suivi entamé dès début septembre aurait probablement mis en évidence un fort passage d’hirondelles de diverses espèces et de Bergeronnettes printanières, ainsi que de Pipits des arbres ; la poursuite aurait permis de contacter, probablement, davantage de Tarins des aulnes en plus d’autres fringilles.


Graphique 2 : répartition par espèce et par date des effectifs en migration active dénombrés à la pointe d’Agon

Perspectives et limites

Les comptages menés à la pointe d’Agon entre fin septembre et début octobre n’avaient qu’un objectif : vérifier l’existence d’un flux de passereaux intéressant à suivre et à noter à la pointe d’Agon, en raison d’une topographie tendant à concentrer ce passage. De ce point de vue, l’objectif est atteint. Bien que le gros des passereaux transite plus au sud après avoir traversé le Cotentin, un flux important circule ici, après avoir vraisemblablement coupé la péninsule plus au nord.

Pour un véritable suivi, il serait bien entendu nécessaire de commencer les comptages plus tôt en saison, au moins au 1er septembre, et de le poursuivre au moins jusqu’à la fin novembre, avec un minimum d’une matinée par semaine. Cela nécessite une disponibilité importante d’autant plus qu’il serait très souhaitable de déployer au moins deux observateurs.

Il est bien évident que l’observateur isolé peut « rater » un vol passant alors qu’il en note ou observe un second dans un autre azimut. Il serait bien plus efficace de constituer des équipes de 2 ou 3 personnes, ce qui permettrait aussi de réaliser des comptages sur une matinée entière. En outre, la durée d’une heure minimum, retenue en 2025, est dictée par la difficulté pour un observateur seul de maintenir son attention, sollicitée en permanence sur un front de 180°, et la fatigue oculaire liée à la recherche de passereaux sur un ciel lumineux. Là encore, une véritable équipe, au moins un duo, pourrait évidemment compter de manière plus efficace sur un intervalle de temps plus large, et commençant plus tôt. Une durée supérieure permettrait alors de comparer les flux avec ceux constatés sur d’autres sites, avec une chance plus sérieuse de pertinence.

Le nombre très faible d’espèces rares identifiées lors de ce suivi (concrètement cela se résume à 1 Sizerin cabaret) s’explique aussi par cette saturation de l’observateur isolé, déjà accaparé par les nombreux groupes de fringilles et d’étourneaux, ce qui diminue mécaniquement les chances de repérer les espèces plus rares. Une tentative d’y remédier à l’aide d’un enregistreur Audiomoth n’a pas donné de miracle, l’enregistreur devant être dissimulé dans un fourré sur ce site très fréquenté. L’emplacement était loin d’être idéal et n’a rien détecté qui ne fût déjà connu.

Bien que d’importantes connaissances sur le flux de passereaux existent déjà, l’intérêt d’un tel suivi réside dans les changements possibles depuis la dernière étude de grande ampleur, que ce soit au niveau des dates, de la composition et des effectifs, dans un contexte de changements rapides sous l’effet conjoint du changement climatique et de la dégradation générale des écosystèmes.

Cyrille FREY

 

09/01/2026 16h02

Réseau des Réserves de Normandie 2025

RRN N° 16 – 2025
Des espaces protégés pour les oiseaux, la faune et la flore.
Septembre 2024 à août 2025.

06/01/2026 11h36

Réserve Ornithologique de Saint-Marcouf

Un dépliant vient d'être produit pour sensibiliser le grand-public aux actions du GONm à Saint-Marcouf.

Si vous souhaitez le distribuer dans vos capitaineries, offices de tourisme, communes... : contactez-nous !

Vous pouvez le découvrir ci-dessous : 

     

     

Télécharger ici le dépliant sous format .pdf (dépliant 3 volets, à imprimer recto-verso).

Si vous souhaitez découvrir le bilan annuel de nos actions de protection au sein de nos réserves, veuillez cliquer ici pour découvrir le "Réseau des Réserves de Normandie"

25/03/2025 17h30

Formation des débutant·es

Inscription pour la session septembre 2025 à juin 2027

Depuis maintenant 10 ans, le GONm propose des stages de formation plus spécifiquement orientés vers la formation des adhérents « débutants » désirant, grâce à un ensemble de sorties sur le terrain, progresser dans la reconnaissance des espèces.

Dans le calvados, cette formation, gratuite pour les adhérents du GONm et bénévolement encadrée par Patrick Briand, Jean Pierre Clave, Didier Desvaux et Christine Féret comprend sur deux ans un ensemble de 12 animations (6 sorties de sept 2025 à juin 2026 puis 5 sorties de sept 2026 à juin 2027 et un stage deux jours dans le Val de Saire).

Chaque session est limitée à 12 participants.

La majorité des sorties programmées le samedi matin ou le dimanche matin se déroulent principalement dans un rayon de 30 km autour de Caen. Les sorties en Baie des Veys et Marais du Hode, plus éloignées sont quant à elles organisées à la journée.

Dès juin 2025, le calendrier des 6 premières sorties vous sera proposé de sept 2025 à juin 2026.

Lors de covoiturage, une participation aux frais de transport est demandée.

Attention places limitées…

Si vous désirez participer à la prochaine session (12 animations de septembre 2025 à juin 2027), effectuer une pré-inscription ou pour tous renseignements complémentaires, merci de contacter :

Didier Desvaux <didierdesvaux@wanadoo.fr> 06 74 90 58 65 ou Karine Loret - Secrétariat du GONm <secretariat@gonm.org> 02 31 43 52 56

 

Pour vous donner envie ;0), voici le compte-rendu d'un stage :

Participants stage du 8-9 mars 2025 au Fort de la Hougue, Saint Vaast (50)

Formation « Débutants » session sept 2025-juin 2025

Stage « débutants » dans le Val de Saire des sam. 8 et dim.9 mars 2025

Les 8 et 9 mars 2025, dans le cadre de la formation dispensée auprès des adhérents débutants inscrits pour la session sept 2023 à juin 2025, nous avons réalisé notre stage annuel dans le Val de Saire (Cotentin). Ce stage est plus particulièrement orienté vers la reconnaissance des espèces fréquentant les sites du Pont de Saire, de la pointe de Saire, de Saint-Vaast-la-Hougue, de l’Anse de Cul de loup, de Morsalines-Grenneville pour le samedi, et du phare de Gatteville, les mares de Vrasville, le port et Cap Lévi pour le dimanche.

Le groupe, encadré par Patrick (Briand), Jean Pierre (Clave), Didier (Desvaux) et Christine (Féret), auxquels se sont joints Roseline (Lanchas), Alexandrine (Delassalle) et Eric (Gruet), est resté fidèle à l’hébergement au sein de la communauté religieuse du « Rayon de soleil » à Cosqueville, et a profité d’une météo favorable pour observer et apprécier les oiseaux marins ou du littoral fréquentant les sites énoncés.

Un total de 79 espèces a été recensé (dont 63 la première journée) ; face à ce chiffre, les « Encadrants » se sont attachés avec patience et rigueur à aiguillonner les « Stagiaires » afin qu’ils progressent et mémorisent les différents critères de reconnaissance et d’identification des espèces.

Merci à chacun pour sa participation, sa curiosité, et son investissement, ainsi que sa bonne humeur.

Didier Desvaux

Dimanche en fin d’après-midi chacun reprenait la route et je joins ici le commentaire de Didier Viel, l’un des stagiaires "débutant" :

Pendant le retour nous nous sommes amusés à retrouver ce qui nous avait beaucoup plu :

  • La lumière du dimanche matin et toutes les découvertes
  • Les moments pédagogiques avec nos formateurs, avec patience et finesse
  • L’arrivée au phare de Gatteville le dimanche matin avec la belle lumière, tout était beau nous n'avions pas encore faim !
  • Le dépaysement fut réjouissant dans un très beau cadre
  • L’expérience avec les 2 harles bièvre pendant un long moment
  • La quantité d'oiseaux identifiés et on les a revus plusieurs fois pendant les 2 jours
  • Les grands vols d'oiseaux

Regrets :

Nous étions quelquefois un peu trop loin (heureusement toutes les longues vues nous aidaient)

Les bouteilles et les sacs plastiques pour les pique-niques alors que nous avons ramassé notre quote-part de déchets sur la plage

Nos oiseaux coup de cœur :

  • le harle bièvre
  • le faucon pèlerin
  • les fous de Bassan
  • les avocettes

Les surprises :

  • L’excellent vin offert par Jean Pierre
  • Les quizz du samedi soir
  • « je ne croyais pas que je serai capable de connaître tant d'oiseaux »
  • La rencontre de nouveaux profils d'ornitho intéressants
  • Les formateurs détendus
  • Ramasser les déchets et les bacs à marée qui débordaient
  • Les horaires bien calés
  • L’ambiance bienveillante

Mots nouveaux :

  • Érismature rousse : merci Noah
  • L’aigrette garzette vérote !
  • La plume de l'alula du geai
  • Pélagique
  • Paul Géroudet

30/01/2025 11h43

Liste rouge des oiseaux nicheurs de Normandie 2024

Le GONm tient à attirer l’attention sur le fait que la liste rouge est un outil qui reflète une partie seulement des enjeux des oiseaux nicheurs en Normandie et que si elle permet d’aider à la prise de décision, une analyse plus poussée des enjeux de chaque espèce reste nécessaire.

Le vendredi 13 décembre 2024, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) a émis un avis favorable sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de Normandie. Ce travail initié en novembre 2023 a été réalisée par le Groupe Ornithologique Normand (GONm) à la demande de l’Agence Normande pour la Biodiversité et le Développement Durable (ANBDD) et la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL)de Normandie.
Cette liste rouge a été réalisée selon la méthodologie établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et validée par celle-ci. Elle est disponible sur leur site internet : https://uicn.fr/listes-rouges-regionales/. Cette méthodologie permet de classer des espèces dans 11 catégories selon leur risque de disparition dans la région.

Dans la liste rouge normande, les catégories EX, EW et NE n’ont pas été utilisées.

 

Quelques chiffres

Pour réaliser cette nouvelle liste rouge, il a fallu au GONm 8 mois de travail, 512 000 données transmises par de nombreuses structures partenaires, 1 réunion du comité d’experts et 2 atlas des oiseaux de Normandie (édition-2005 et édition 2022). Au total, sur les 205 espèces qui nichent en Normandie, 176 espèces ont été évaluées car la méthodologie de l’UICN ne s’applique qu’aux espèces non introduites et aux nicheuses régulières. Les 29 autres espèces (9 introduites et 20 nicheuses occasionnelles) sont donc classées en non applicables (NA).
Il en résulte que 8 espèces sont considérées comme éteintes régionalement (RE), 24 sont en danger critique (CR), 20 sont en danger (EN) et 25 sont vulnérables (VU), ce qui signifie que 39 % des espèces nicheuses en Normandie sont menacées d’extinction en Normandie. Il faut ajouter 7 % d’espèces quasi-menacées (12 NT).
Pour les autres, 85 espèces sont classées en préoccupation mineure (LC) et 2 espèces en données insuffisantes (DD).
Pour plus d’informations : https://www.anbdd.fr/publication/liste-rouge-des-oiseaux-nicheurs-de-normandie/

 

Un travail collectif

La liste rouge des oiseaux nicheurs de Normandie est un travail important qui ne peut pas être réalisé seul. Le GONm tient donc à remercier les nombreuses structures qui ont transmis leurs données lors de l’appel à contribution de l’ANBDD en 2023, les personnes ayant accepté d’intégrer le comité d’experts, mais aussi et surtout son réseau de bénévoles.
En effet, ce projet n’aurait pas été possible sans l’implication des bénévoles du GONm lors de l’élaboration des atlas des oiseaux de Normandie qui sont des sources d’informations essentielles sur l’évolution de l’état des populations d’oiseaux nicheurs en Normandie.
Au-delà des atlas, l’investissement des bénévoles permet d’assurer un suivi continu de nombreuses espèces en Normandie : les oiseaux communs avec l’enquête Tendances, les limicoles nicheurs des plages avec la Stratégie Régionale d’Actions en faveur des limicoles nicheurs des plages ou encore avec le suivi des oiseaux marins.
Néanmoins, il reste encore beaucoup d’espèces qui ne font pas l’objet d’un suivi continu suffisant pour statuer sur l’évolution de leur population. La mise en place de bases de données participatives communes, telles que Faune Normandie https://www.faune-normandie.org/, peut aider à pallier ce manque de données. Là encore, l’implication des réseaux de bénévoles est essentielle.


Précaution de lecture de la liste rouge

La liste rouge est un outil scientifique donnant un état des lieux sur les risques de disparition d’une espèce. Ce n’est ni un indicateur de rareté d’une espèce, ni une liste de priorités d’actions et ni une liste d’espèces protégées. Son utilisation et sa lecture ne doivent pas se suffire à elles-mêmes pour déterminer les enjeux associés à une espèce.
La méthodologie repose sur des critères chiffrés qui sont appliqués de manière indifférenciée à tous les taxons sans tenir compte des exigences de chaque espèce et sans tenir compte de son historique dans la région.

Exemple du Vanneau huppé

Le Vanneau huppé est classé dans la catégorie espèce quasi-menacée NT sur la base de son aire de répartition restreinte. Les effectifs de cette espèce sont actuellement estimés stables en se basant sur la période d’étude imposée par la méthodologie, soit 1997 à 2023 (27 ans). Cependant, la population du Vanneau huppé a subi un déclin de plus de 50 %en 10 ans à la fin des années 1980 jusqu’au début des années 1990.
Le fait que ce déclin ait été très fort et rapide montre à quel point le Vanneau huppé est une espèce vulnérable. En effet, il est dépendant des milieux humides, principalement les prairies pâturées puisqu’il exige une végétation basse assez tôt dans l’année (début avril) pour se reproduire. Ainsi les prairies de fauche ne lui conviennent pas. Or les prairies humides ont été et sont soumises à de fortes pressions, naturelles et anthropiques.
Le déclin dès la fin des années 1980 est principalement lié à un déclin de l’activité d’élevage au profit de la grande culture, ce qui a impliqué le retournement des prairies et le drainage des zones humides. L’effectif actuel se maintient grâce aux mesures de protection dans les marais qui empêchent le retournement des prairies et les pratiques de drainage. Néanmoins, l’abandon de l’élevage s’y fait sentir aussi avec une préférence pour la fauche des prairies au lieu de l’élevage. De plus, le changement climatique risque de provoquer ou amplifier l’assèchement de ces zones malgré les mesures de protection.
L’impact de ces menaces est difficilement quantifiable, il n’est donc pas possible de les prendre en compte dans le cadre de la Liste rouge qui nécessite des critères chiffrés. Pourtant, les experts impliqués dans le processus de concertation s’accordent pour dire que la catégorie en danger EN reflèterait mieux la situation réelle du Vanneau huppé.


Exemple du Milan noir – Les espèces occasionnelles NAb

Les espèces classées NA sont des espèces qui se reproduisent en Normandie mais qui n’ont pas été prises en compte dans le processus d’évaluation pour deux raisons. Soit il s’agit d’espèces introduites, notées NAa, non évaluées car la liste rouge porte uniquement sur les espèces indigènes d’une région, soit il s’agit d’espèces occasionnelles. Une espèce dite occasionnelle est une espèce qui se reproduit de façon irrégulière dans la région, soit une fois tous les 3 à 5 ans ou une espèce qui niche de façon régulière mais depuis moins de 5 ans dans la région. Elles sont notées NAb et le caractère récent ou irrégulier de leur reproduction ne permet pas d’appliquer les critères de la liste rouge.
Pour autant, cela ne signifie pas que l’espèce ne présente pas d’enjeu en Normandie ou qu’elle ne nécessite pas de protection. C’est le cas par exemple du Milan noir, classé en NA dans la Liste rouge des oiseaux nicheurs de Normandie puisqu’il ne se reproduit de façon régulière en Normandie que depuis 2020. Il s’agit cependant d’une espèce protégée (arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés en France) et il est inscrit à l’annexe I de la directive Oiseaux de l’Union européenne. Il doit donc impérativement être pris en compte dans tout document de gestion ou projet d’aménagement concernant les secteurs où il niche en Normandie.

Clémentine BELY

 

Document à télécharger

23/01/2025 17h47

Réseau des Réserves de Normandie 2024

RRN N° 15 – 2024
Des espaces protégés pour les oiseaux, la faune et la flore.
Septembre 2023 à août 2024.

09/01/2025 12h36

Les oiseaux nicheurs des haies en Normandie

Les oiseaux nicheurs des haies en Normandie - Bruno Chevalier - Octobre 2023

Document .pdf

 

19/11/2024 17h19

Grand Comptage des Oiseaux de Jardin - Bilan 2024

Grand Comptage des Oiseaux de Jardin 2024 : de nouveau, une belle mobilisation en Normandie !

Comme chaque année, le Grand Comptage des Oiseaux de Jardin -organisé par le GONm depuis 2004- fut un succès. Les 27 et 28 janvier 2024, 3752 normand·es ont scruté 2766 jardins, cours d’écoles et autres espaces publics (dont 896 enregistrés par la LPO-France).

Le classement par département est le suivant : en tête le Calvados (1120 participants pour 779 comptages), second la Seine-Maritime (863 participants pour 672 comptages), troisième la Manche (779 participants pour 593 comptages), quatrième l’Eure (521 participants pour 419 comptages) et cinquième l’Orne (469 participants pour 303 comptages). Notons que sur l’ensemble de ces 5 départements, un total de 1232 communes a participé.

Ce bon résultat a été rendu possible grâce à la 5ème édition du réseau animateurs « initiation au Grand Comptage des Oiseaux de Jardin », réseau composé de salariés et bénévoles du GONm, ainsi que de nombreux partenaires soutenant l’opération : l’AFFO, Bénouville Environnement, le Bocage Perché, le CPIE Vallée de l’Orne, les CPN de Normandie, le CPN l’Appel Buissonnier, le CPN la Catignolle, Clos Masure aux Quatre Saisons, le Domaine Sauvage du Costil, le Dôme, Elan Nature, Naturellement Reuilly, Val d’Orne Environnement.

53 animations ont été organisées sur l’ensemble de la région (14 dans le Calvados, 12 en Seine-Maritime, 11 dans l’Orne, 10 dans la Manche et 6 dans l’Eure) attirant 638 personnes.
Lors de ce weekend de comptage, 82 espèces ont été inventoriées (39 proposées par le formulaire en ligne et 43 ajoutées par les observateurs).

Les trois espèces les plus fréquentes en 2024

Rougegorge familier (L'Oeil de Guimouth)Comme depuis 2018, le Rougegorge familier (observé dans 84,4% des jardins normands) garde la première marche du podium, suivi de la Mésange charbonnière (78,5%) qui prend la seconde place au Merle noir (77,7%), passé lui troisième.


Les trois espèces les plus abondantes en 2024

Moineau_domestique (L'Oeil de Guimouth)De nouveau, cette année, le Moineau domestique est l’espèce la plus abondante (avec une moyenne de 6,9 individus par jardin), suivi de la Mésange bleue (3) et du Pinson des arbres (2,4). Un classement inchangé par rapport à 2023.


Un grand merci à Hugo Leclerc, Romain Decan et Quentin Lesouef pour la coordination du réseau animateurs ; à Guillaume Debout pour le formulaire en ligne ; à Martin Billard pour l'aide au traitement des données ; aux photographes Pascal Bernardin, William Duvernoy, l'Oeil de Guimouth et Jacques Rivière pour leurs clichés ; à Romain Deschamps pour l'affiche et le dépliant de participation ; à Ninaï Fofana pour les formulaires papiers et les divers envois postaux. Sans oublier les nombreux médias !

Pour conclure, nous vous communiquons avec plaisir les résultats du concours « Dessine-moi un oiseau », organisé à l’occasion des 20 ans du Grand Comptage des Oiseaux de Jardin. Un concours qui a suscité un engouement inattendu avec ses 73 artistes !

Dans la catégorie adulte, bravo à Christine Plu pour son illustration du Troglodyte mignon, qui devient donc l’affiche de l’édition 2025 !
Dans la catégorie enfant, bravo à Charlotte Joulaud pour son illustration du Rougegorge familier. Deux ouvrages (« Les oiseaux des jardins de Normandie » et « Les oiseaux marins de Normandie») ont récompensé son succès.

Gagnante adulte : Christine Plu et son troglodyte mignon Gagnante enfant : Charlotte Joulaud et son Rougegorge familier

 

Rendez-vous les 25 et 26 janvier 2025 au 22ème Grand Comptage des Oiseaux de Jardin, pour lequel nous vous attendons encore plus nombreux !

Nicolas Klatka

29/04/2024 17h13

Rapport moral et d’activités 2023

Lire le pdf en ligne


05/04/2024 17h10

Les oiseaux rares en Normandie en 2022

Rapport du Comité d’Homologation Régional

à télécharger ici : CHR-Normandie-2022.pdf

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