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GRAND PUBLIC › Où voir les oiseaux ?

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vendredi 18 avril 2014 15:40

Le plan d'eau de la Ferté Macé

A 5 km de la station thermale de Bagnoles de l'Orne, au sud-ouest du département, le plan d'eau de la Ferté-Macé, situe en bordure de ville, est dénommé avec ses aménagements " complexe touristique ". L'inauguration, après la mise en eau des 26 hectares, date de 1988. C'est un lieu de promenade dominicale très prise car un chemin goudron-ne de 2,4 km environ en effectue le tour. Pédalos, planches a voiles, optimists évoluent sur I'eau a la belle saison ; joggers et pêcheurs s'y retrouvent.

Mais les oiseaux sont également présents, présence favorisée par une importante diversité de milieux : plan d'eau en lui-même, plages, jonchaies, nombreuses haies, vieux chênes, îles, petite carrière avec broussailles, zone humide le long d'un ruisseau d'alimentation, fossés, pelouses, ruisseaux, digue, etc. Leur stationnement est aussi favorise par des secteurs inaccessibles au public (3 îles denses et une zone humide).

Grèbes huppés, poules d'eau, foulques, colverts, hérons cendrés, bergeronnettes grises et des ruisseaux, martins pêcheurs s'observent en toutes saisons. Les périodes de migration amènent en brèves escales d'autres espèces : petit gravelot sur les plages, chevaliers gambette et guignette sur les petites vasières des berges, fuligules milouin et morillon, souchet, siffleur toujours poses, nageant au centre du plan d'eau, et très occasionnellement tadorne, bernache et même avocette ! Le busard des roseaux peut rester une semaine ou deux. Cet hiver, un cygne noir et un canard mandarin ont fait une halte. II est fréquent de voir, sur les pelouses inondées par les pluies, le pipit farlouse, le vanneau huppé, la bergeronnette de Yarrell. La petite jonchaie près de la digue accueille parfois bécassines des marais et bruants des roseaux.

Au bord de I'eau, les nombreux aulnes abritent tout I'hiver une sympathique population de tarins. Grives litorne et mauvis sont la, a proximité des hales et des prés. On peut y noter toute la cohorte des passereaux bocagers, dont le bruant zizi, et aussi la chouette hulotte ou la buse variable. En hiver, 11 est possible d'observer un groupe de gros-becs se nourrissant dans les hales.

Le printemps ramène fauvettes des jardins, fauvettes a tête noire, pouillots fitis... L’hypolaïs polyglotte niche dans la petite carrière. Linottes et chardonnerets investissent le talus de la digue. C'est aussi le retour des hirondelles de cheminée d'abord, puis de fenêtre, se ravitaillant en nombre au-dessus de I'eau des leur arrivée. Plus tardifs, les martinets se mêlent aux hirondelles du secteur.

Aigrettes garzettes, cormorans, goélands et mouettes passent au gré de leur fantaisie.

On peut partir du parking principal ou d'un autre petit parking mal indiqué en queue de plan d'eau. On y accède en prenant la direction du hameau de la Brochardière que l'on doit traverser. Tôt le matin ou a la tombée de la nuit, le plan d'eau est un beau lieu d'observations ou le plaisir est au rendez-vous.

La réserve de la Grande Noë et de la boucle de Léry-Poses

Tout savoir sur la réserve en allant sur le site dédié : http://grande-noe.gonm.org/

La réserve de la Grande Noé

Coordonnées GPS : 49,267 N et 1,235 E

Description

À 25 km au Sud-Est de Rouen et à une heure des portes de Paris, la boucle de Poses abrite la réserve de la Grande Noé. Elle se trouve sur le territoire de la Base de plein air et de loisirs de Lery-Poses en Normandie. Les dépôts successifs de matériaux alluvionnaires de la Seine sont à l’origine de l’extraction de granulats à partir des années 1970 et de nombreuses ballastières ont bouleversé en profondeur le paysage et les milieux naturels.
Actuellement, la boucle de Poses comporte plus de 500 ha de plans d’eau. Quelques-uns, pri-vés, sont principalement utilisés pour la chasse ; le plus grand nombre est géré par la base de loisirs et sont consacrés aux activités de détente : baignade, pêche, randonnée, VTT, etc.
En 1987, une convention est signée entre le GONm et la base de loisirs pour faire de l’étang de la Grande Noé, d’une superficie de 65 ha, une réserve ornithologique. Sur cette zone, seules la promenade pédestre et l’observation de la nature sont autorisées.
Le plan d’eau de la réserve de la Grande Noé présente des profondeurs variées, mais aussi des îlots. L’un d’eux, boisé, a permis à une colonie de grand cormoran de s’installer et d’y pros-pérer. Les deux autres îlots ont été maintenus nus et caillouteux, ce qui permet aux mouettes et aux sternes d’y nicher. Afin que la reproduction de ces espèces patrimoniales puisse encore se développer, trois radeaux ont été installés.
La berge ouest a été réaménagée par le rejet des fines de lavage issus de l’extraction de granu-lats. Son tracé sinueux est en pente douce pour multiplier les interfaces terre eau et permettre l’implantation d’une roselière. Des plantations ont été faites autour de l’étang pour préserver la tranquillité, la sécurité des oiseaux, couvrir le bruit et la vue de la route.
Trois huttes d’observation sont mises à la disposition des visiteurs. Des animations sont pro-posées au moins une fois par mois. Par ailleurs, des classes et des groupes divers sont accueillis à la demande.

Intérêt ornithologique

Depuis 1972, 221 espèces ont été recensées dont 115 nicheuses certaines ou probables sur la réserve. Des espèces rares pour la région ont parfois niché sur la réserve (blongios nain, râle d’eau, petit gravelot, …). Grâce à nos aménagements, la colonie de mouette mélanocéphale, mouette rieuse et sterne pierregarin est devenue la première de Normandie.
En hiver, des milliers de laridés, de cormorans, de canards hivernent à la Grande Noé ; aux côtés des fuligules, des canards de surface, l’observateur attentif trouvera certainement quelques raretés comme certains fuligules, la nette rousse, les harles piette et bièvre, ….

Vous rendre à la réserve GONm de la Grande Noé

Pour vous rendre à la Grande Noé, vous devez vous rendre au nouveau de la gare de Val-de-Reuil/27, à laquelle on accède en traversant Val-de-Reuil d’Ouest en Est en suivant la D6154
Arrivés au niveau de la gare, poursuivre cette route jusqu’au carrefour en T avec la D110.
Prendre à droite, au bout d’un kilomètre, vous arrivez à la Grande Noé qui se trouvera sur votre gauche mais vous vous garerez dans un parking immédiatement à droite.
Vous passez grâce à un tunnel sous la D110 et vous arrivez au premier observatoire.
En suivant les sentiers soit vers le Nord-est, soit vers le Sud, vous arriverez à deux autres ob-servatoires.
Attention à ne pas déranger les oiseaux : soyez discrets dans les observatoires et ne quittez pas les sentiers. Merci.
Sur la route vers les réserves cauchoises, vous pourrez éventuellement faire une halte à la ré-serve de Berville-sur-Seine, une autre ballastière.

LES PRINCIPAUX OISEAUX

Le fuligule milouin. Ce plongeur est le plus abondant des canards présents dans la boucle : de 3 à 6000 selon les rigueurs de l'hiver. Le pic d'abondance se situe fin novembre, les premiers départs se produisant début janvier. II se nourrit principalement de végétaux et d'invertébrés aquatiques.

Le fuligule morillon. Cousin du précédent, il consomme surtout des moules zébrées. Environ 1.600 morillons fréquentent la boucle chaque hiver. II s'y reproduit depuis 1994 : c'est un nicheur rare en Normandie. La huppe est caractéristique de l'espèce.

La foulque macroule. De 5 à 6.000 foulques viennent passer l'hiver sur les étangs, formant des troupes compactes, ce que ne fait jamais sa cousine, la poule d'eau. Une vingtaine de couples se reproduit, principalement sur la Grande Noë. Oiseau ubiquiste, la foulque consomme un peu de tout : surtout des végétaux, invertébrés, moules, écrevisses...

La poule d'eau. Très connue mais souvent confondue avec la foulque, la poule d'eau est pourtant assez discrète sur les grands étangs et s'observe plus facilement sur les rivières ou les mares. Inquiétée, elle hoche la queue, exhibant ses taches blanches comme message d'alerte. Elle se nourrit souvent à terre et grimpe même dans les arbres pour y dormir.

Le grand cormoran, emblème du GONm. Le grand cormoran utilise les arbres des îles de la Grande Noë comme dortoir. Avec 800 à 1.000 oiseaux en hiver, celui-ci est le plus important de Normandie. La colonie (plus de 300 nids) date de 1991 et est la quatrième française par l'importance. II se nourrit de poissons, surtout sur la Seine et les carrières dans un rayon de 20 km. Sa ration quotidienne n'est que de 400 grammes, et non plusieurs kilogrammes comme le prétendent certains. Ses proies sont les poissons les plus communs et les moins rapides. Les dégâts dont on l'accuse sont tout à fait imaginaires dans la Boucle de Léry-Poses !!!

Le héron cendré. Le héron chasse en solitaire, à l'affût. II consomme aussi bien des poissons que des batraciens, des insectes ou de petits mammifères pris dans les champs. La boucle accueille la plus ancienne et la plus importante colonie de Normandie : de 70 à 100 couples. En vol, le cou des hérons est toujours replié.

Le grèbe huppé. Le grèbe huppé est spécialisé dans la plongée et passe toute sa vie sur l'eau ; même son nid est un radeau flottant. Les poussins nidifuges se réchauffent sur le dos des adultes. La collerette nuptiale disparaît en hiver. Petits poissons, écrevisses et insectes sont ses proies préférées.

Mouettes et goélands. En hiver, ils se rassemblent en dortoir de 10 à 15.000 sur la Base de Loisirs. La mouette rieuse est la plus abondante et se reproduit depuis 1996 en compagnie de sternes pierregarins, nicheuse rare en Normandie.

LES SAISONS ORNITHOLOGIQUES

L'hivernage. L'hiver est la meilleure saison pour observer de grands rassemblements d'oiseaux d'eau, plus de 10.000. La réserve sert surtout de reposoir diurne pour les canards. En semaine, les oiseaux se répartissent sur les 500 ha de plans d'eau de la boucle mais se réfugient sur la Grande Noë le week-end suite aux dérangements (chasse, pêche...).

La reproduction. Les oiseaux aquatiques nicheurs réguliers sont : grèbes huppé et castagneux, grand cormoran, héron cendré, cygne tuberculé, canard colvert, foulque, poule d'eau, petit gravelot, martin-pêcheur, hirondelle de rivage... Récemment se sont installés le grèbe à cou noir (1 couple en 1997), le fuligule morillon, la sterne pierregarin et la mouette rieuse.

La migration. En automne et au printemps, les migrateurs passent en nombre important. Près de 250 espèces différentes ont déjà été observé dans la boucle dont 210 sur les 65 ha de la Grande Noé, ce qui est remarquable.

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  • Commune (Dpt) : Le Vaudreuil (27)
  • Date de création : 1987
  • Propriétaire : 
  • Conservateur : Christian Gérard
  • Superficie : 65 Ha
  • Milieu principal : Plan d'eau
  • Statut : ZICO
  • Site-web : http://grande-noe.gonm.org

Description

En aval de Paris, la Seine décrit de larges méandres bordés sur une rive par des coteaux calcaires abrupts et secs et sur l'autre par des étendues plus ou moins plates. Ces "boucles" offrent une mosaïque de milieux propices à une avifaune très diversifiée: cultures, bois, forêts, pelouses sèches, plans d'eau et zones urbanisées.

A 25 kilomètres au sud-est de Rouen, la "boucle de Poses" abrite la Réserve Ornithologique de la Grande Noé.

Depuis des millénaires, le paysage est façonné ici comme ailleurs par les activités de l'homme. La forêt originelle avait laissé place depuis longtemps aux prairies pâturées et aux cultures lorsque l'exploitation du granulat a été entreprise à partir des années 60, conjointement à la création de la ville nouvelle de Val-de-Reuil. Les creusements ont généré de nombreux et vastes plans d'eau par affleurement de la nappe aquifère, bouleversant définitivement le paysage et les milieux naturels, entraînant la disparition de nombreuses espèces animales et végétales mais permettant à d'autres de s'installer, parfois en grand nombre.

Aujourd'hui, la boucle de Poses comporte plus de 600 ha de plans d'eau. Quelques-uns sont privés, d'autres sont temporaires et seront remblayés pour remettre les terres en exploitation agricole mais les plus grands plans d'eau sont gérés par le Syndicat Mixte du Vaudreuil (SMV) qui les dédie aux loisirs: navigation de plaisance, baignade, pêche… En 1987, devant l'affluence des oiseaux d'eau sur l'ensemble des étangs de la boucle, une convention est signée entre le GONm et le SMV pour faire de l'étang de "la Grande Noé", d'une superficie de 65 hectares, une réserve ornithologique. Toute activité de loisir y est dorénavant interdite, afin de préserver la tranquillité de la faune sauvage.

Points forts

Une ZNIEFF et une ZICO ont été désignés dans la boucle de Poses, attestant de son intérêt écologique. Assez proche de l'estuaire donc de la mer, cette boucle présente la particularité de se situer à la confluence de la Seine, l'Eure et l'Andelle, où se concentrent les flux d'oiseaux migrateurs.

L'étang de la Grande Noé se prêtait bien à une mise en réserve pour plusieurs raisons.

Les profondeurs y sont variées, allant de quelques centimètres à six mètres, avec des hauts-fonds et plusieurs îlots. Un long îlot boisé a permis à une colonie de grands cormorans de s'installer. Un autre, maintenu au contraire défriché et caillouteux, permet aux sternes et aux mouettes de nicher.

La berge ouest a été réaménagée par rejet des fines de lavage issus de l'extraction de granulats. Son tracé est volontairement sinueux pour multiplier les interfaces terre/eau. La pente est volontairement douce, ce qui a permis l'implantation d'une roselière.

Des arbres et arbustes à baies ont été plantés autour de l'étang, notamment pour couvrir le bruit et la vue de la route et ainsi préserver la tranquillité des oiseaux. Une clôture a dû être installée sur la berge sud, la plus dérangée. Dernièrement, une mare à batraciens a été creusée au bord de l'étang, conformément aux recommandations de l'expertise écologique commandée par l'Union Nationale des Producteurs de Granulats.

La réserve et les autres étangs ont des rôles complémentaires. Les oiseaux d'eau utilisent de jour toutes les zones humides de la boucle pour rechercher de la nourriture et se réfugient à la réserve en cas de dérangement. Pour la même raison, le taux de reproduction est beaucoup plus important à la réserve que sur les autres étangs.

Gestion

A partir de 1992, un garde-animateur est employé par le GONm à plein temps sur le site. Il est chargé de la gestion de la réserve, de son entretien et des animations. Un bilan annuel est adressé tous les ans aux partenaires du GONm.

Trois huttes d'observation ont été réalisées en différents points de vue pour étudier les oiseaux et les rendre visibles au plus grand nombre, sans les déranger. En 2000, trois radeaux ont été installés pour permettre à davantage de sternes de nicher. Ils ont été occupés aussitôt. Pour l'accueil du public, ont été aménagés un chemin d'accès, un parking, des panneaux d'information et de signalisation. Le GONm assure aussi la médiatisation du site. Chaque année, 100 à 400 animations sont assurées par le GONm sur le thème de l'avifaune de la boucle de Poses, ce qui représente 1000 à 2500 participants, auxquels s'ajoutent les visiteurs spontanés de la réserve, de plus en plus nombreux.

Le suivi ornithologique, réalisé par l'employé permanent et les bénévoles du GONm, consiste en un comptage hebdomadaire de tous les oiseaux sur tous les plans d'eau de la boucle pour connaître les espèces qui fréquentent la boucle et les fluctuations de leurs effectifs, au suivi de la reproduction pour connaître le succès de la reproduction et au suivi des oiseaux bagués pour appréhender la provenance des oiseaux.

L'entretien de la réserve consiste actuellement à couper les saules pour éviter qu'ils n'envahissent la roselière, défricher l'îlot central pour le maintenir caillouteux, tailler les buissons devant les observatoires pour ne pas qu'ils bouchent la vue et ramasser les déchets laissés par les visiteurs et les automobilistes. Ces travaux sont effectués par l'employé du GONm, ceux du SMV, et les bénévoles de l'association.

Qualité de l'eau

La végétation aquatique des étangs de la boucle de Poses contribuent à l'épuration naturelle des eaux. L'étang de la Grande Noé est un plan d'eau fermé. C'est le seul étang de la boucle qui ne communique pas avec la Seine. Son eau est renouvelée constamment par des processus complexes d'infiltration de l'eau, ce qui explique sa clarté. Si son taux de nitrates est le moins élevé de tous les étangs de la boucle, sa turbidité est importante, car les fines de lavage qui recouvrent la berge ouest sont régulièrement remises en suspension par la houle. Ceci a pour effet de freiner le développement du plancton et des herbiers aquatiques. Ce phénomène peut être considéré comme préjudiciable à la valorisation écologique de l'étang mais il ne fait, somme toute, que ralentir le son vieillissement, et pourquoi se presser ?

Intérêt ornithologique

L'avifaune représente l'intérêt écologique principal des étangs de la boucle de Poses. Depuis 1972, date de création du fichier de données ornithologiques du GONm, 204 espèces, 2 sous-espèces et 7 espèces échappées de captivité ont été recensées rien que sur la réserve, dont 42 sont inscrites à l'Annexe I 79-409.

70 espèces ont niché au moins une fois sur la réserve, dont 50 passereaux et 1 échappée de captivité. 12 de ces espèces sont rares au plan régional (dont canard souchet, fuligule milouin, râle d'eau, petit gravelot), et 5 sont inscrites à l'Annexe I 79-409 (grand cormoran, blongios nain, mouette mélanocéphale, sterne pierregarin et martin pêcheur). Une espèce citée au "Livre Rouge des Espèces menacées de France", le Blongios nain a niché en 1985 sur la Grande Noé (2 jeunes à l'envol). Le seul autre cas de reproduction récent dans la région date de 1977 dans l'estuaire de la Seine. Les effectifs de 12 espèces nicheuses sur la Grande Noé ont atteint le seuil de 1% de la population régionale.

Une héronnière d'une soixantaine de couples est installée dans la boucle depuis 1985.

Les colonies de sternes pierregarin et de mouettes rieuses sont devenues en quelques années les premières en Normandie par leurs effectifs. La colonie de mouettes mélanocéphales, toujours grandissante, est tout simplement la seule de la région.

En hiver, 10 000 à 15 000 mouettes et goélands se rassemblent en dortoir sur le plus grand plan d'eau de la boucle, la réserve servant de pré-dortoir et de gagnage pour quelques uns.

L'hivernage du fuligule milouin atteint les critères RAMSAR, soit 1% de la population biogéographique concernée. Certaines années, la Grande Noé arrive au deuxième rang en France derrière la Camargue lors des recensements de la mi-janvier pour le programme BIROE (Bureau International de Recensements des Oiseaux d'Eau), maintenant intitulé Wetlands International. Les effectifs de fuligule morillon et de foulque macroule atteignent aussi des rangs inférieurs à dix en France certains hivers.

La colonie de grands cormorans, sous-espèce continentale Phalacrocorax carbo sinensis, est en passe de devenir la première de France. En hiver, le dortoir de cormorans est le plus important de Normandie.

Dans l'étang Hérouard, le dernier en cours d'exploitation, l'affleurement de la roche mère a fait apparaître des hauts-fonds qui redoublent l'intérêt du site sur le plan ornithologique, puisqu'ils représentent des reposoirs où s'arrêtent pour se nourrir des milliers d'oiseaux migrateurs, notamment des limicoles.

L'extraction de granulats a donc généré une zone humide dans la boucle de Poses qui a acquis un rôle majeur au plan régional, national et européen, et qui possède encore des potentialités sur le plan écologique.

Points faibles

L'hirondelle de rivages est un autre exemple de la contradiction de l'exploitation de granulats. Elle nichait naturellement en colonie en creusant des terriers dans les berges sableuses des fleuves sauvages. De nos jours, elle trouve des milieux de substitution dans les tas de sable et fronts de taille abrupts des sablières. Mais ces sites de reproduction sont précaires et le succès de reproduction est très aléatoire.

Il est à craindre que les quelques couples d'œdicnèmes criards qui subsistent encore dans la boucle perdent l'habitat nécessaire à leur reproduction. Cette espèce menacée niche au sol sur les pelouses sèches. Il n'a pas été prévu de recréer ces milieux après l'exploitation sur le site.

Enfin, l'un des principaux facteurs limitant le développement des effectifs d'oiseaux d'eau dans la boucle de Poses, notamment des anatidés, est la raréfaction des aires de gagnage que sont les vasières et les prairies.

Pour avoir les dernières nouvelles de la réserve (animations, comptages...), visitez le site de la réserve : http://grande-noe.gonm.org/

Le bassin des docks à Petit-Couronne

II s'agit d'un bassin portuaire situé en aval de Rouen, dans la zone industrielle, à l'extrémité nord de PetitCouronne. On y accède par le boulevard industriel lorsque l'on vient de Rouen. Ce bassin est calme pour les oiseaux d'eau, qui peuvent y hiverner sans chasse, et à l'écart des courants de la Seine. Les intérêts particuliers de ce site sont la proximité de Rouen, son approche facile, la possibilité d'observer d'un côté ou de l'autre en fonction de la lumière, et la proximité des oiseaux associée à une vue dégagée.

L'hiver est la saison de loin la plus intéressante : hivernage régulier des fuligules milouin et morillon (chercher les hybrides, les autres fuligules et les éventuelles autres espèces au milieu du groupe), avec un effectif pouvant atteindre Ie millier (en tout) au coeur de l'hiver, grand cormoran, foulque et poule d'eau, mouette rieuse, goélands argenté et surtout leucophée, et parfois marin ; bergeronnettes grise, de Yarrell, parfois des ruisseaux ; pinsons, chardonneret, verdier, voire tarin des aulnes (peupliers), choucas ; chevalier guignette en migration. Occasionnellement, et surtout en cas de coup de froid : garrot à oeil d'or, grèbes, harles, oies, canards. Les silos proches, qui procurent une abondante nourriture aux pigeons bisets d'origine domestique, pourraient bien servir aussi de garde manger au faucon pèlerin un jour ou l'autre, alors ouvrez l'oeil !

On peut aussi explorer une anse calme située plus près de Rouen, à l'endroit des anciens chantiers navals, à Grand-Quevilly, et le bassin SaintGervais du port de Rouen : observation de laridés (bons exercices d'identification des goélands jeunes et moins jeunes), bergeronnettes et plus, en cas de vague de froid. Ce dernier site recèle du reste un dortoir de plusieurs milliers de laridés.

Je conseille aussi, et là plutôt en période de nidification, le secteur de cultures, friches industrielles, et le petit marais, situés à GrandCouronne, tout au bout du Bd industriel : passereaux dont le traquet pâtre, le rossignol, la bergeronnette printanière type, et diverses espèces de fauvettes, éventuellement aquatiques. Le vanneau huppé y niche (cultures) certaines années.

Le chemin de halage de Quillebeuf-sur-Seine au Pont de Tancarville

L'ancien chemin de halage qui horde la Seine de Quillebeuf au pont de Tancarville, s'il n'éblouit pas par la beauté de son paysage, offre une grande diversité de milieux pouvant réjouir l'ornithologue amateur, comme le plus averti.

Accessible au départ de Quillebeuf, dont le célèbre bac a accueilli plusieurs années un nid d'hirondelle de fenêtre. cette variante du GR 23 longe la Seine sur environ 4 kilomètres.

Le lit de ce fleuve et les vasières qui le bordent accueillent entre autres de nombreux laridés (goélands argentes, cendrés et marins, mouettes rieuses...), le grand cormoran et le chevalier guignette. Sur le cours d'eau lui-même, si les grèbes huppés sont habituels, les harles bièvres et piette, plus rares, sont à rechercher !

La Seine et son chemin de halage sont bordes d'une haie vive abritant de nombreux passereaux : rouges-gorges, accenteurs, pouillots, pinsons, roitelet et mésanges.

Si le côté Seine est attirant pour I'observateur, la plaine longée par le chemin n'est pas a négliger. Les prairies humides et les nombreuses mares à gabion sont fréquentes par les canards de surface (pilet, sarcelle d'hiver...), les tadornes. les limicoles (bécassines, chevalier culblanc, vanneau huppé...), les hérons, aigrettes garzettes et cigognes blanches (surveillez les bagues !) ainsi que par de nombreux passereaux (bruant des roseaux, pipit farlouse et spioncelle...). Pour I'anecdote, ces mares ont également fait l'objet d'observations hivernales (en décembre !) d'hirondelle rustique (voir le dernier numéro du Cormoran). 

Les prairies humides alternent avec des plaines cultivées fréquentées et exploitées par les perdrix, faisans et divers rapaces (busard Saint-Martin, faucon crécerelle ou hibou des marais) ainsi que par divers passereaux, bruant jaune, alouettes, grives...

Arrive au pont de Tancarville, ne relâchez pas votre attention, le faucon pèlerin est régulièrement observz dans les alentours !

Enfin, il serait dommage de quitter ce petit coin de l'Eure sans passer par l'observatoire de la Grand'Mare a Sainte-Opportune-la-Mare, très proche, et qui réserve toujours son lot de surprises, surtout en hiver.

A vos jumelles et bonnes obs !

La Boucle de Mauny (ou boucle d'Anneville)

Seconde boucle après celle de Roumare, en Seine-Maritime à l'ouest de Rouen, la boucle de Mauny présente des caractéristiques géologico-climatiques qui lui permettaient, il y n'y a encore que quelques années, d'héberger l'oedicnème criard, la fauvette pitchou, l'alouette lulu, la huppe et le râle des genéts. Cette partie de la vallée de la Seine a en effet été mise à mal par un imposant dépôt de phosphogypse, lequel s'est ajouté aux multiples carrières de granulats qui ont profondément transformé le paysage. Les landes et les prairies humides qui faisaient l'essentiel du site ne subsistent que par endroits, et une autoroute menace de traverser la boucle du nord au sud ! Malgré ce tableau effrayant, l'avifaune locale mérite encore que l'on aille à sa rencontre.

Le secteur d'Yville, au sud, et plus largement toute la partie ouest de la boucle, est encore relativement préservé ; la chouette chevêche, le rougequeue à front blanc, la bergeronnette flavéole ou encore le traquet tarier, le moineau friquet ou la tourterelle des bois, nichent encore dans ce milieu de prairies de fauche entourées des arbres tétards et de vergers de pommiers haute-tiges qu'occupent les oiseaux cavernicoles. L'hiver permet également des observations intéressantes : fringilles (pinson des arbres et parfois du nord, verdier, linotte, voire tarin), bruants (jaune et des roseaux), moineau friquet, et grives des quatre espèces.

En dehors de ces milieux traditionnels, de nombreux plans d'eau issus d'anciennes carrières parsèment la boucle, et on peut y observer, plutôt en migrations et en hivernage : canards plongeurs tels que milouin et morillon, héron cendré, grand cormoran, foulque, grèbes huppés et castagneux, canards de surface dont les chipeau, siffleur, pilet ; et sur les bords et leurs alentours : vanneau huppé (celul-ci se rencontrant aussi en grand nombre dans les étendues cultivées), chevalier guignette, bergeronnettes grise et de Yarrell, pipits farlouse voire spioncelle. Les milieux de landes, plus ou moins remaniés par les activités liées aux granulats, abritent, en dehors des oiseaux communs, le traquet pâtre, la fauvette grisette ou encore le bruant jaune.

II y a essentiellement deux façons d'accéder sur place : si l'on arrive par le nord, ce ne peut étre que par le bac de Duclair, et par le sud, le mieux est de commencer par le secteur d'Yville.

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