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GRAND PUBLIC › Où voir les oiseaux ?

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vendredi 18 avril 2014 15:44

La forêt d'Evreux

Gérée par l'ONF, elle surtout composée de chênes et de hêtres, avec quelques zones de résineux, et s'étire au sud de la ville et entre plusieurs vlllages. Bordée à l'ouest par la vallée de l'lton, on y trouve plusieurs mares dont la plus connue des Ébroïciens est la mare aux biches. Un projet de rocade menace de couper la ceinture verte de la capitale de l'Eure.

En parcourant les nombreux chemins à pied, vous pourrez découvrir, une grande diversité de passereaux forestiers : la sittelle torchepot, les mésanges bleues et charbonnières, qui forment des rondes l'hiver avec la mésange à tongue queue ; dans les résineux, la mésange huppée et la mésange noire, cette dernière plus rare. Le rougegorge et le pinson des arbres y sont très commun, et le pinson du nord peut s'y observer l'hiver.

Le pic épeiche y est commun, ainsi que le pic vert, qui se fait entendre de loin, mais se cache souvent derrière un tronc à votre approche. Le pic mar est nicheur probable dans les chênes les plus âgés, mais il se fait moins remarquer, et le pic noir est présent dans les hêtraies. Parmis les espèces plus discrètes se trouve le grosbec, qui se tient très haut dans les branches. L'hypolaïs polyglotte et l'engoulevent d'Europe sont présents. Très rare, le rougequeue à front blanc recherche les lisières, mias aura peut-être cette année plus de mal à se loger, après la tempête.

On accède à la forêt par de nombreux sentiers et parcours pédestres. Dans la partie communale de la forêl, dans les environs immédiats d'Evreux, en venant du quartier de la Madeleine, et après le clos Vironvay, on rejoint la route Potier. Laisser sa voiture sur un parking aménagé près d'une ancienne carrière, et emprunter le chemin de Breteuil qui vous conduira vers la mare aux biches. Pour les autres accès plus au sud, sur les communes d'Arnières-sur-lton et des Baux-Sainte-Croix, on respectera les parcelles privées généralment signalées.

La forêt de Gouffern

Située essentiellement sur la commune de Silly-en-Gouffern dans l'Orne et s'étendant du nord à l'est d'Argentan à une distance moyenne de 5 km de cette dernière, la forêt de Gouffern est en fait composée de la Grande Gouffern au nord (la plus étendue), et de la Petite Gouffern à l'est. Elle est facile à explorer du fait de sa taille relativement réduite et offre des faciès variés comprenant des secteurs de vieilles futaies de chênes et de hêtres, des secteurs enrésinés, des parcelles de régénération, des coteaux, des vallons...

Les données du fichier du GONm se rapportant à cette forêt datent presque toutes de plus de 10 ans. Ceci devrait stimuler les observateurs locaux et les caennais qui ont, sans bien souvent en avoir conscience, une forêt d'un grand intérêt ornithologique à leur porte. Je laisse aux observateurs désireux de se rendre sur place, le soin de chercher les secteurs favorables aux espèces citées ci-après et que j'ai pu trouver dans le fichiers du GONm. La lecture de l'Atlas des oiseaux nicheurs de Normandie vous apportera, pour l'identification des différents habitats, toutes les précisions nécessaires pour orienter votre quête si besoin était.

Les espèces déjà notées par le passé, et donc à rechercher, sont la bondrée, le busard Saint-Martin (autour de la forêt en nidification, ainsi que dans les grandes clairières le reste du temps), le faucon hobereau, les pics noir et mar, l'engoulevent, la bécasse, le rougequeue à front blanc, la fauvette pitchou, le pouillot de Bonelli, la mésange boréale, la mésange noire, le grimpereau des bois, le bec croisé des sapins, le grosbec. Même si certaines de ces espèces ont peu de mentions, celles-ci montrent que ce milieu leur a été favorable et mérite grandement que vous alliez y faire un tour dès maintenant.

La forêt de Montfort

La forêt domaniale de Montfort, gérée par l'ONF depuis 1966, est située dans le nord-ouest de l'Eure. Elle s'étend le long de la vallée de la Risle sur plus de 2000 ha. La nature de ses boisements (fortement enrésinée au cours du 19ème siècle, les résineux représentent aujourd'hui 65% de sa surface), son relief et sa situation géographique (le long de la Risle, sur une veine migratoire) la distingue à plus d'un titre de la plupart des forêts avoisinantes. Ainsi, outre le cortège classique des espèces forestières (mésanges, turdidés, pouillots et fauvettes, troglodytes, pics épeiches et verts, pigeon ramier, coucou ...), la forêt de Montfort abrite bien des espèces intéressantes, pouvant réserver des surprises à l'ornithologue qui s'y promènera.

Au printemps dans les vieilles parcelles de feuillus, vous pourrez entendre le sittelle, le grimpereau des jardins, le pouillot siffleur, le pigeon colombin ou encore le rouge queue à front blanc. Le pic noir est désormais une espèce bien implantée et aisément observable. Le pic mar, bien plus discret, est également présent. Les plantations de conifères sont le domaine des mésanges huppées et noires, et du roitelet huppé. Les futaies de pins, pouvant s'élever jusqu'à une trentaine de mètres, permettent au faucon hobereau de nicher. Les parcelles en régénération abritent quant à elles des espèces singulières ou peu courantes en milieu forestier : aux côtés des linottes, bruants jaunes, pouillot fitis et pipits des arbres, vous pourrez y observer des locustelles tachetées, fauvettes grisettes, tariers pâtres et engoulevents d'Europe. Au niveau des rapaces, la buse et le faucon hobereau peuvent être facilement rencontrés. L'épervier et le faucon crécerelle sont moins fréquents. La nuit, vous pourrez entendre les cris de la chouette hulotte bien sûr, mais aussi du hibou moyen-duc, qui niche et hiverne en dortoirs dans la forêt. En hiver, on peut également observer le tarin des aulnes ou encore le pinson du nord. 

La forêt de Montfort permet aussi d'observer des espèces peu communes, notamment en période de migration, du fait de sa situation géographique. Ainsi, la balbuzard, la huppe, le milan noir ou le loriot ont pu y être observés. Enfin, d'autres espèces peu courantes observées en forêt de Montfort ont un statut mal défini (grosbec, bécasse, bondrée, bec-croisé des sapins), et la présence de l'autour et du grimpereau des bois doit être confirmée. L'alouette lulu, notée dans les années 70, a aujourd'hui disparu. D'autre part, la salamandre et les mammifères forestiers classiques (sanglier, renard, chevreuil, blaireau et martre) sont également présents en forêt de Montfort, ainsi que certaines espèces d'orchidées et une remarquable allée de séquoias.

La forêt est parcourue par de nombreux chemins bien entretenus, dont quelques-uns sont empruntables en voiture, ce qui la rend très accessible. De plus, 3 aires d'accueil et de nombreux parkings permettent de stationner facilement. Libre à vous de parcourir cette forêt comme bon vous semble.

La forêt de Grimbosq

À 18 km au sud de Caen, sur la route de Flers, la forêt de Grimbosq est devenue un site incontournable pour les loisirs des Caennais.

Depuis des siècles, les balairiens, vachers, charbonniers, pelards, tuiliers, sabotiers, ... et bien sur bûcherons en ont fait un lieu d'intense activité, le bois étant la base de la société de l'époque que ce soit en tant que matériau ou source d'énergie. Actuellement, la production de bois n'est plus liée qu'à l'entretien de la forêt : acquise en 1972 par la Ville de Caen (par Franck Duncombe, l'adjoint au maire et membre du GONm), elle est toujours " envahie ", mais par des promeneurs, VTTistes, joggers, cueilleurs de champignons, enfants en classe verte ... mais aussi par des naturalistes. Même si la pression de fréquentation est importante les beaux jours de mai et juin, il y a de belles observations à faire.

La forêt de Grimbosq, qui n'est qu'un grand bois de 475 ha, s'étend sur un plateau schisteux (Phyllades de St Lô) au sol peu profond et acide, au bord du fleuve Orne. Les conditions ne sont donc pas favorables à une exploitation forestière intensive : le charbon de bois a été la principale production, épuisant le sol déjà pauvre. C'est pour cela aussi qu'elle est restée " semi-naturelle " : la flore est diversifiée et nous pouvons y trouver nombre de houx, fusain, pommier sauvage, néflier, bourdaine, ... Quant à la faune forestière, elle est obligée de se cantonner le plus souvent aux zones les moins fréquentées (la Flague et surtout Sainte-Anne) : chevreuils et sangliers y sont nombreux. La micro et macro faune est riche : beaucoup de variétés de longicornes, présence du calosome (Calosoma sicophanta) et du Cétoine doré (Cetonia aurata) , d'une mygale (Atypus affinis) ...

Les oiseaux sont assez bien représentés, même si ce n'est pas un site majeur. Le cortège classique des oiseaux forestiers est respecté : sittelle torchepot, pic épeiche, geai des chênes, fauvettes, pouillots, coucou gris, ... Quelques uns ressortent du lot commun : rossignol philomèle, loriot d'Europe, ... bonne densité de mésange à longue queue et de pic épeiche. Depuis deux ans, le pic noir y est entendu : un site a été détecté près du Chalet des Granges en 99 et 2000, un autre site (Motte d'Olivet) a été trouvé en 2000 : vu la taille de la " forêt ", il est difficile d'affirmer qu'il y a deux couples, mais ces deux sites semblent distincts (pas de loge trouvée). Malgré sa discrétion, la bécasse des bois est régulièrement observée dans le secteur de la Flague, au sud.

Les rapaces sont également présents : buse variable (au moins un couple nicheur près du grand arboretum, chouette hulotte. plutôt en lisière (Grimbosq et Mutrécy), chouette effraie et parfois l'épervier dans la vallée de l'Orne. De rares milans noir sont repérés au dessus de la forêt lors des migrations d'automne ; il y a quelques années (?), il m'a été raconté qu'un busard Saint-Martin avait niché dans une coupe (sans précision de lieu précis, ni date mais il " paraît " que des photos ont été prises) : ce n'est pas si étonnant alors que je constate une présence de plus en plus importante de busards dans la " plaine de Mutrécy " depuis quelques années.

Enfin, la présence de l'eau (un étang et la rivière Orne) apporte quelques originalités dans cette forêt : il n'est pas rare d'observer sur l'étang ... des goélands argentés, parfois des mouettes rieuses et même des grands cormorans ... en plus des canards colverts et sarcelles d'hiver. Sinon, en lisière à Sainte-Anne, au bord de l'Orne le martin pécheur est régulier et quelques fois, un chevalier guignette se fait entendre ...

Les trois zones d'observation intéressantes sont donc le grand arboretum et autour du Chalet des Granges près du pare animalier (buse, fauvettes sittelle, pic noir, ...), la Flague au sud (bécasse, ...) et le secteur de Sainte-Anne et les bords de l'Orne ... Une brochure " inventaire faunistique (partiel) de la forêt de Grimbosq " avec un plan est disponible sur demande (contre enveloppe timbrée).

La forêt de Cerisy

Située entre Bayeux et Saint-Lô, la forêt domaniale de Cerisy (souvent appelée, dans le Calvados forêt de Balleroy), est constituée de 2 000 hectares, à cheval sur la Manche et le Calvados. Le climat y est maritime avec une pluviométrie dépassant 900 mm d'eau par an. Elle offre des milieux variés mais est dominée par la hêtraie pure en futaie, le chêne venant loin derrière, quelques autres feuillus et des conifères complétant l'ensemble. En lisière, le bocage, bien préservé, est très présent, et a une influence indéniable sur la constitution de l'avifaune.

L'espèce la plus remarquable est le pic mar, qui occupe là un milieu inhabituel (ce qui justïfierait selon les critère européens, avec la densité ici remarquable de l'espèce, un classement en ZICO, Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux), puisqu'il s'agit des hêtraies de plus de 75 ans, lesquelles représentent une importante proportion de la forét. Le pic mar est en effet habituellement un habitant des chénaies - charmaies. Les pics épeichette, épeiche, vert, et depuis quelques années, noir, sont également présents offrant, en cette année d'enquète " pics ", l'opportunité de s'exercer à les identifier sur le terrain, dès février, et au mieux avant les feuilles. La buse variable peut y atteindre des densités importantes lors des années de pullulation de mulots sylvestres ; l'épervier, la bondrée, le faucon hobereau et le hibou moyen-duc sont respectivement représentés par plusieurs couples. Quant aux passereaux, ies plus notables sont ici le rougequeue à front blanc, qui y occupe classiquement les futaies âgées peu serrées, le pouillot siffleur, le pipit des arbres, le pouillot fitis, le gros-bec (plus rare et surtout plus discret). Enfin, l'engoulevent est à rechercher dans les coupes récentes en régénération. 

Le circuit (pédestre) en boucle suivant est recommandé : partir de la Maison forestière, au " Rond point ", prendre la route forestière du Boisl'Abbé et revenir par la lisière nord-est du Bois-l'Abbé vers la route forestière de Neufbourg, puis la route forestière dite Mathurin.

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