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mardi 22 avril 2014 21:19

BIROE (Wetlands International)

FICHIERS À TÉLÉCHARGER :

Présentation

Le Bureau International de Recherches sur les Oiseaux d'Eau et les zones humides, depuis peu Wetlands International (WI), développe des programmes de suivi numérique des oiseaux d'eau, avec l'aide de nombreux ornithologues bénévoles. Créé en 1954 par le Conseil International pour la Protection des Oiseaux (CIPO), il regroupe 45 états et organise, chaque année, un décompte d'oiseaux d'eau à la mi-janvier, période la plus favorable. A cette époque de l'année, les populations d'oiseaux sont assez stables dans l'espace. La sélection naturelle et les prélèvements cynégétiques sont, pour l'essentiel déjà réalisés et les effectifs comptés représentent les futurs nicheurs. On dispose ainsi de données chiffrées sur la distribution géographique et numérique et sur les tendances évolutives des populations. II est alors possible d'argumenter sur la gestion et la protection des espèces et de leurs milieux.

Les principaux objectifs de W. I. (ex-BIROE) sont de :

  • coordonner les inventaires régionaux, les protocoles de suivi et d'évaluation ;
  • développer et harmoniser les banques de données relatives aux oiseaux d'eau et aux zones humides ;
  • revoir les priorités de conservation, initier des projets de protection des espèces menacées, de gestion rationnelle des zones humides et des oiseaux d'eau ;
  • promouvoir et apporter une assistance technique aux conventions internationales de Ramsar et de Bonn ;
  • diffuser les connaissances à travers des publications et des conférences pour la vulgarisation des résultats des comptages ;
  • former, pour certains pays, de nombreux observateurs non rodés aux techniques de comptage aérien. 

L'activité scientifique est développée à travers 23 groupes de recherche animés par des scientifiques internationaux, des spécialistes des anciens groupes du BIROE. Chaque année, le bilan des dénombrements de canards et de limicoles est publié.

Un comité permanent composé de 8 membres désignés par le comité exécutif s'occupe de l'administration. II comprend des délégués nationaux des états membres. La création de W. I. est officielle depuis octobre 1995. Il résulte de la fusion de trois organismes internationaux : 

  • I. W. R. B. : bureau international de recherches sur les oiseaux d'eau et les zones humides ; 
  • A. W. B. : bureau asiatique pour les zones humides 
  • et W. A. : zones humides pour les Amériques. 

W. I., organisation non gouvernementale, est structuré en grandes régions : la France est dans la région "Afrique - Europe - Moyen-Orient" qui représente un grand ensemble fonctionnel, des zones de reproduction de l'arctique aux quartiers d'hiver sub-sahéliens.

Le siège de W. I. se trouve aux Pays-Bas : Wetlands International PO Box, 7002 6700 CA Wageningen.

Pourquoi recenser les oiseaux d'eau en janvier ?

Rappelons que c'est grâce à ces données qu'en France l'essentiel des réserves de chasse sur le domaine public maritime ou fluvial a pu être créé là où stationnent effectivement les oiseaux. C'est aussi grâce à elles que la liste des espèces protégées a pu être améliorée. Le succès que les enquêtes connaissent chaque année en France traduit la motivation des ornithologues et de leurs associations, et leur détermination, sachant que l'acquis scientifique et l'amélioration des connaissances contribuent, malgré les obstacles et les difficultés, à une meilleure protection des habitats et des espèces.

La nouvelle fiche de recensement utilisée apporte une aide précieuse aux ornithologues pour compter les oiseaux d'eau. Elle permet une approche globale et numérique. Toutes les données concernant les cygnes et les oies, les canards et les foulques, les limicoles et les autres espèces sont saisies. Certaines espèces (cormorans et laridés) nécessitent une méthodologie de dénombrement adaptée (au pré-dortoir ou au dortoir). 

  • Groupe cygnes et oies : sur les sites traditionnels français, les oies grises font l'objet d'un comptage mensuel, d'octobre à mars. Le retard dans la transmission des données décale la mise en forme du bilan annuel.
  • Groupe bernaches : en France, les bernaches sont l'objet d'un suivi mensuel d'octobre à mars.
  • Groupe canards et foulques : le recensement des canards a lieu au mois de janvier. Les sites Ramsar et les zones de protection spéciale sont suivis mensuellement sur l'année ou sur plusieurs mois. Les données saisies servent de support technique pour les conventions.
  • Groupe canards marins : un dénombrement aérien permet de recenser les concentrations de macreuses situées au large dans des secteurs invisibles de la côte, sur le littoral Manche-Atlantique. Ces opérations complètent les dénombrements terrestres des canards marins proches du rivage (3 ou 4 km selon les points d'observation).
  • Groupe limicoles : comptage à la mi-janvier. Un bilan annuel français est rédigé. Les limicoles continentaux (vanneau, pluvier doré) sont dénombrés, de façon partielle la plupart du temps.

De nouveaux groupes de recherche devraient se développer.

L'inventaire des sites fonctionnels et des sites élémentaires est clos. Une réactualisation est prévue tous les 5 ans. En Normandie, plus de 80 observateurs notent chaque année à la mi-janvier et dans les 5 départements, les concentrations d'oiseaux sur des sites de taille très variable. Les plans d'eau, les vallées, les côtes où se trouvent les principaux sites, sont recensés.

On commence à connaître les grands secteurs d'hivernage et les espèces qui y sont inféodées : la baie du Mont-Saint-Michel accueille une grande partie des tadornes de Belon et des bernaches cravants, la boucle de Poses-Val de Reuil, les fuligules milouins et morillons. Le littoral du Calvados abrite une population hivernante de harle huppé, tandis que les macreuses fréquentent la baie du Mont-Saint-Michel, l'estuaire de la Seine et le littoral augeron. En hivernage, l'huîtrier-pie, le bécasseau variable, le courlis cendré sont présents en nombre dans les baies normandes.

Malgré les contraintes locales, notamment en bord de mer où l'heure et le coefficient de marée sont déterminants, et les aléas météorologiques (pluie, brouillard, tempête), un recensement représentatif des stationnements est obtenu. Des analyses de tendance peuvent être effectuées sur le long terme. Le suivi des populations d'oiseaux d'eau hivernant en Normandie nécessite la présence d'ornithologues bénévoles motivés. La connaissance et la protection des milieux et des espèces en dépendent.

Oiseaux échoués sur les côtes

Pour suivre le fil de discussion dédié sur le forum, c'est ici :
http://forum.gonm.org/viewtopic.php?f=5&t=706

Les adhérents du GONm ont toujours été sensibles aux échouages massifs d'oiseaux sur les côtes, qu'ils soient dus à des tempêtes ou à des pollutions. Très tôt, un recensement régulier, indépendant des échouages catastrophiques a été entrepris : en effet, l'importance de la pollution chronique et la nécessité de suivre son évolution ont vite été perçues.

C'est pourquoi, dès février 1969, un premier recensement était effectué sur 56 km de côtes bas-normandes. Un second avait lieu le dernier week-end de février 1972 (Braillon 1972) : il permettait de recenser 155 oiseaux échoués sur 257 km de côtes bas-normandes parcourues avec, d'emblée, une excellente participation des adhérents (31 au moins). Ce succès ne se démentira jamais puisque ce sont régulièrement plus de cent personnes qui participent. Depuis 1974, le décompte a lieu, tous les ans, lors du dernier week-end de février.

Les premiers dénombrements étaient coordonnés à l'échelon européen par les anglais du RSPB. En Normandie, Jean Duchon en fut l'organisateur de 1974 à 1978 ; Gérard Debout lui a succédé jusqu'en 1988 suivi par François Leclerc, Jean-Claude Dubosc et, actuellement, Gilles Le Guillou.

Plusieurs articles relatifs à ces décomptes ont été publiés : un premier bilan a été réalisé (Debout 1980) et une analyse des échouages d'alcidés a été présentée au colloque organisé en avril 1997, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du GONm (Debout 1997). Un bilan bas-normand puis un bilan complet ont été établis par Gilles Le Guillou (Le Guillou 2004 et 2006).

Plusieurs études concernant des échouages catastrophiques ont fait l'objet de publications : échouages de l'hiver 1981 - 1982 (Debout 1982) échouages de février 1983 (Debout et al. 1984).

Par ailleurs, le GONm a décidé, au milieu des années 1980, de ne s'occuper ni de la collecte des oiseaux échoués mais encore vivants, ni des soins à leur apporter ensuite jugeant que cela ne relevait pas de ses compétences et que, de plus, il n'était pas sûr que les oiseaux soignés se réadaptent à la vie sauvage.

À lire ci-dessous : un guide d'aide à l'identification des oiseaux échoués : 

 

Dortoirs de cormorans

Le grand cormoran est l'emblème du GONm ; c'est aussi le titre de notre revue scientifique. II y a à cela une raison bien simple : au moment où notre association a été créée, l'espèce était menacée de disparition en France et les seuls nicheurs français étaient normands.

Le suivi des colonies de nidification a donc tout naturellement concerné les ornithologues normands : Lucienne Lecourtois à Chausey et Bernard Braillon à Saint-Marcouf, les colonies cauchoises étant très irrégulièrement et incomplètement recensées. Ces suivis se sont maintenus et étendus depuis, si bien que notre connaissance des grands cormorans nicheurs normands tant sur le plan démographique que sur le plan écologique est maintenant satisfaisante.

Pendant longtemps, il n'en a pas été de même au sujet de la période inter-nuptiale. Le suivi mené sur un dortoir à Blainville-sur-Orne près de Caen nous a conduit à organiser un recensement hivernal des grands cormorans au dortoir dans toute la Normandie.

La première réalisation de cette enquête eut lieu en décembre 1990. La méthode est simple : un soir de décembre où la météorologie est favorable, il faut se rendre en vue du site et compter les oiseaux présents au crépuscule. Décembre a été choisi (contrairement à janvier dans les enquêtes nationales) parce que nos suivis ont révélé que, dès janvier, les nicheurs littoraux ont débuté leur cycle reproducteur et que, d'autre part, les aléas dus aux coups de froid sont plus probables en janvier qu'en décembre.

Nous pouvons donc avancer des chiffres fiables face aux allégations des pêcheurs : si les populations hivernantes de grand cormoran ont nettement augmenté au cours des années 1970 et 1980, il n'en est plus de même ensuite et on assiste, en fait, à une redistribution des individus sur un nombre croissant de dortoirs alors que l'effectif moyen par dortoir diminue. La situation actuelle du grand cormoran est de 4 500 individus.

Cette enquête a permis d'obtenir nombre de données nouvelles, certaines inattendues : c'est ainsi que nous avons découvert à notre grande surprise qu'il n'y avait pas de grands cormorans hivernants à Chausey alors qu'il y en a plusieurs centaines à Saint-Marcouf : l'explication de ce "mystère" est un de nos projets.

Outre les renseignements sur les grands cormorans, d'autres données ont été obtenues en particulier sur le cormoran huppé dont nous avons pu recenser les principaux dortoirs. Cette enquête a permis d'améliorer nettement nos connaissances sur le grand cormoran en période inter-nuptiale grâce à la participation dynamique et fidèle d'une trentaine d'observateurs ce qui cadre parfaitement avec la conception que nous avons du fonctionnement d'une association de bénévoles.

Guet à la mer (seawatch)

Créée à l'initiative du GONm en 1982, la journée concertée de "guet à la mer" a pour objectif de mieux comprendre la migration des oiseaux marins le long des côtes de la Manche. 

  • la journée du 3 octobre 1982 coordonnée par G. Debout et assurée par une cinquantaine d'observateurs répartis sur 11 sites s'étalant du cap Gris-Nez à Granville fut un succès tant pour la participation que pour les enseignements acquis. 
  • En 1983, les deux journées organisées par Philippe Sagot au printemps et à l'automne rencontrèrent un succès inespéré : 9 sites normands, 1 picard, 2 dans le Nord-Pas-de-Calais et 4 anglais. Les 48 observateurs totalisèrent 166 heures de guet et 76 espèces observées. 
  • 1984 vit la présence des Bretons à Ouessant, des Belges à Ostende et des Anglo-Normands à Jersey et Sercq ; le 7 octobre 1984, un total de 76 heures d'observation sur 15 sites permet de noter 69 espèces d'oiseaux ; un compte-rendu de cette journée de guet fut publié dans le Petit Cormoran n°26.

Depuis, cette enquête se poursuit : elle a lieu le 1er dimanche d'octobre et est coordonnée par Guy Béteille.

Le bilan paraît chaque année dans le Petit Cormoran et dans le forum du GONm.

Vous pouvez télécharger ici le fichier pour participer aux recensements : Fiche_guet_la_mer.xls

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